Il est peu coûteux, écologique et issu d'une tradition séculaire: le «shimogoe», littéralement «engrais provenant des fesses», connaît un regain de popularité au Japon alors que la guerre en Ukraine fait grimper le prix des produits chimiques de substitution. Le shimogoe était incontournable à l'époque Edo (1603-1867), explique à l'AFP Arata Kobayashi, auteur d'articles scientifiques sur la question, et on estime qu'au début du 18ème siècle le million d'habitants de Tokyo (alors appelée Edo) en «produisaient» 500.000 tonnes par an. L'actuel gouvernement japonais a encouragé la redécouverte du shimogoe, notamment en raison des inquiétudes concernant la sécurité alimentaire depuis l'invasion russe en Ukraine. En décembre, le ministère de l'Agriculture s'est fixé pour objectif de doubler l'utilisation du fumier animal et d'origine humaine d'ici à 2030, afin qu'ils représentent 40% des engrais utilisés au Japon. Dans une installation de traitement de Miura, au sud de Tokyo, on retire l'eau des déjections humaines apportées par camions-citernes avant de traiter le reste dans d'immenses réservoirs où la matière est fermentée par des bactéries pour en atténuer l'odeur et en augmenter les bénéfices agricoles, produisant chaque année 500 tonnes de fertilisant.
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