Le tribunal judiciaire de Paris a débouté le 11 mai 1.200 ouvriers agricoles nicaraguayens exposés pendant des années à un pesticide toxique et qui cherchaient à obtenir en France l'application d'un jugement rendu dans leur pays et resté lettre morte. Les juges ont déclaré «inopposables sur le territoire français» l'ensemble des décisions de la justice nicaraguayenne, qui avait donné raison dès 2006 à ces anciens travailleurs de bananeraies dans un jugement confirmé jusqu'en cassation, en 2013. En première instance, le tribunal civil de Chinandega avait condamné trois multinationales - Shell, Dow Chemical et Occidental Chemical, qui avaient commercialisé le pesticide DBCP en Amérique centrale - à verser 805 millions de dollars à ces ouvriers agricoles. Le tribunal de Paris a débouté les requérants, au motif que les multinationales mises en cause avaient choisi d'être jugées aux Etats-Unis, conformément à leur droit, ce qui «a privé la juridiction nicaraguayenne de toute compétence», selon la décision consultée par l'AFP. En conséquence, le tribunal français ne pouvait que rejeter une demande d'exequatur d'une juridiction déclarée incompétente. Au Nicaragua, au moins 17.000 travailleurs auraient été intoxiqués par ce pesticide, accusé d'être à l'origine d'infertilité, de cancers, et de graves troubles neurologiques, selon la défense des paysans.
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