Confrontées à un manque d’eau croissant, dans un pays lui-même en première ligne face au changement climatique, nombreuses sont les régions espagnoles à s’être lancées dans la pistache, principalement en Castille-la-Manche, en Andalousie et en Estrémadure. Chaque année, entre 5 000 et 10 000 hectares supplémentaires sont convertis à cette culture originaire «de régions désertiques», indique Mario González-Mohino, ingénieur agronome et directeur du site spécialisé Pistacho Pro. Ce fruit est donc «beaucoup mieux adapté» à la nouvelle donne climatique, ajoute-t-il. Selon le ministère de l’Agriculture espagnol, les terres qui lui sont consacrées ont été multipliées par cinq en sept ans, à 80 000 hectares. Cela fait de l’Espagne le premier pays pistachier d’Europe en matière de surface, et le quatrième au monde derrière les États-Unis, l’Iran et la Turquie. La production pour sa part «est encore limitée», proche de 9 000 tonnes par an, «mais elle va augmenter rapidement car la grande majorité des parcelles ne sont pas encore entrées en production», les arbres étant en général exploitables au bout de sept ans, précise l’ingénieur agronome. «Il y a une forte demande, c’est un secteur dynamique», abonde Joaquín Cayuela Vergés, secrétaire général de la coopérative Pistamancha, qui commercialise 90% de sa production en Europe, entre 10 et 11 euros le kilo.
Abonné