«Une décision inédite»: la justice a condamné le 22 février des négociants à verser 350 000 € à un viticulteur bordelais qui les accusait d'avoir violé la loi Egalim sur les prix agricoles en lui achetant son vin en vrac à un tarif «abusivement bas». «C'est la première fois qu'un tribunal condamne des acheteurs de produits agricoles pour avoir fait pratiquer des prix d'achat abusivement bas», affirme à l'AFP l'avocat du requérant, Me Louis Lacamp. Rémi Lacombe, un exploitant dans le Médoc, avait vendu près de 8500 hl aux sociétés Cordier et Maison Ginestet en 2021 et 2022, aux prix de 1150 ou 1200 € le tonneau. Soit environ 1 € la bouteille, tarif que le producteur juge très inférieur à ses coûts de revient, oscillant selon lui entre 1500 et 2000 € le tonneau. Le tribunal de commerce de Bordeaux, où avait été entendue l'affaire le 11 janvier, a estimé dans sa décision que les deux négociants n'avaient pas laissé M. Lacombe faire de propositions de prix sur les contrats, «ce qui devait constituer le socle de la négociation pré-contractuelle». Après divers calculs et estimant que le prix juste d'achat par tonneau était de 1550 €, le tribunal a condamné Cordier à lui verser 202 000 € et Maison Ginestet 152 000 €.
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