Trois personnes poursuivies par 25 de leurs anciens employés viticoles marocains comparaissaient le 19 novembre devant le tribunal correctionnel de Libourne (Gironde), pour répondre à des accusations de «traite d'êtres humains» dans le vignoble bordelais. Les deux principaux prévenus, un couple d'employeurs français, à la tête d'une société de prestation de travaux viticoles faisant l'intermédiaire entre saisonniers et châteaux, sont notamment poursuivis pour «traite» et «soumission à des conditions de travail indignes». Leur recruteur marocain comparaît uniquement pour «traite». Les victimes, recrutés au Maroc, avaient versé aux prévenus entre 8 000 et 10 000 euros pour venir travailler dans le vignoble entre janvier 2021 et janvier 2024. En échange, ces travailleurs immigrés s'étaient vu promettre un contrat de travail de quatre mois payé au Smic, un hébergement et un titre de séjour. Selon les enquêteurs, ces promesses n'ont jamais été réellement honorées: les contrats n'étaient pas remis, les semaines de travail allaient jusqu'à 62 h sans compensation financière, et des titres de séjour réguliers n'étaient jamais fournis. Les victimes étaient également hébergées dans «des conditions contraires à la dignité humaine», selon l'Inspection du travail.
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