Le parquet de Libourne (Gironde) a condamné, le 17décembre, trois employeurs du vignoble bordelais à des peines allant d’un à trois ans de prison dans une affaire de «traite d’êtres humains». Les faits se sont déroulés entre janvier 2021 et janvier 2024. Les victimes étaient des travailleurs marocains, obligé de payer entre 8000 et 10 000 euros en échange d’un contrat de travail payé au Smic, un logement et un titre de séjour. Des engagements n'ont jamais été tenus, selon les enquêteurs. Les travailleurs vivaient dans des conditions qualifiées de «contraires à la dignité humaine» par l'Inspection du travail et pouvaient travailler 62 heures par semaine sans compensation. Le principal prévenu, présenté comme «le patron officieux d'une société de prestation de travaux viticoles servant d'intermédiaire habituel entre saisonniers et châteaux», a été condamné à trois ans d'emprisonnement. Sa compagne, poursuivie pour les mêmes faits, a été condamnée à deux ans dont un avec sursis probatoire pendant deux ans. Ces peines sont assorties d'une interdiction définitive de gérer une entreprise. La société mise en cause a été condamnée à une amende de 75 000 euros, assortie d'une interdiction définitive d'exercer, et ses biens saisis ont été confisqués. Enfin, un Marocain de 46 ans, présenté comme le recruteur, a été condamné à un an de détention à domicile sous surveillance électronique. Ces affaires d’exploitations de travailleurs viticoles immigrés sont devenues du priorité du parquet de Libourne.
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