Distribution : les supermarchés Auchan passent sous enseignes Intermarché et Netto
Auchan a annoncé le 25 novembre vouloir exploiter l'ensemble de ses quelque 300 supermarchés français (hors Corse) en franchise sous bannière Intermarché et Netto. Le projet, « soumis à l'autorisation préalable des autorités de la concurrence compétentes », pourrait « prendre effet fin 2026 », a précisé dans un communiqué Auchan. Concrètement, Auchan Retail, la branche distribution du groupe, envisage de créer une « entité juridique dédiée » pour continuer à exploiter les magasins qui changeraient d'enseigne, via un contrat de franchise conclu avec Intermarché, est-il ajouté. « Les fonds de commerce, l'immobilier restent propriétés d'Auchan, les salariés restent des salariés d'Auchan, et on travaillera sous enseigne Intermarché, qui nous livrera les marchandises, la politique commerciale, le concept magasin et qui approvisionnera les magasins », a expliqué Guillaume Darrasse, directeur général d'Auchan Retail. En deux ans, Intermarché a réalisé deux opérations massives de reprise : près de 300 magasins Casino en 2023/24, et 81 magasins Colruyt mi-juin. De son côté, Auchan vient de céder 19 magasins à Lidl. Il a annoncé fin 2024 un plan social prévoyant près de 2400 suppressions d'emplois.
Relations commerciales : la centrale d’achat Aura exclut plusieurs dizaines de fournisseurs
« Une part significative d’entreprises de taille intermédiaire (ETI) » va échapper aux négociations commerciales via la centrale d’achat Aura créée en 2024 par Auchan, Intermarché (ITM) et Casino. C’est l’Autorité de la concurrence qui l’annonce le 26 novembre, par voie de communiqué. « Ces fournisseurs, des ETI, ont été exclus par Aura du périmètre de son accord. Cette limitation du périmètre de l’accord Aura impliquera ainsi, pour ces ETI, un retour à des négociations séparées. Elle n’aura pas d’impact sur la relation d’affiliation entre ITM et AMC (Casino) », peut-on lire. Pour comprendre cette décision, il faut rappeler que « les accords de l’alliance Aura (…) ont été communiqués à l’Autorité », conformément à l’article L462-10 du code de commerce instauré par la loi Macron du 6 août 2015. L’Autorité a alors ouvert une enquête concernant la coopération aux achats et à la vente de services internationaux entre les trois distributeurs. Cette enquête a « identifié de potentiels risques à l’amont vis-à-vis de plusieurs fournisseurs inclus dans le périmètre de l’accord Aura. » A la demande des services d’instruction, ces fournisseurs ont été exclus du périmètre de l’accord.
Yaourts/recyclage: le belge Indavert envisage de construire une seconde usine
À la Journée 3R (réduction, recyclage, réemploi) de Syndifrais (produits laitiers frais) le 24 novembre, l'industriel Indaver, qui a démarré en septembre la première usine européenne de recyclage de pots de yaourts, a indiqué qu'il envisage de porter sa capacité de transformation à 65 000 tonnes grâce à une seconde usine. Sa première usine peut traiter 26 000 t, pour le transformer en polystyrène recyclé (rPS) apte au contact alimentaire. L’éco-organisme français Citeo s’est engagé à lui fournir 8 000 tonnes de PS usagé en 2026. L'objectif de la filière est d'atteindre 10% de rPS à l’horizon 2035. De leur côté, les producteurs français de yaourt ont annoncé une deuxième vague de la campagne incitant les consommateurs à trier les pots. Indaver. Mais Syndifrais juge le consommateur encore sceptique après la diffusion de plus de 500 messages sur l’envers des opercules de mai à juillet 2025. Et l'opération a un coût que la filière souhaite réduire. « Le rPS double le coût de l’emballage », a estimé Patrick Falconnier, président de Syndifrais. Il a souhaité qu’on « qu’on fasse tous des concessions », prévoyant un faible surcoût pour le consommateur, se comptant en dixièmes de centime par pot.
Coopérative : chiffre d'affaires stable et résultat «honorable» sur 2024-25 chez NatUp
Quelques jours avant son assemblée générale, programmée le 5 décembre, NatUp (1,6 Mt collectées en 2024, 7000 adhérents, 1800 salariés) a publié son rapport d’activités pour la campagne 2024-25. Un premier exercice pour Laurent Lemarchand au poste de directeur général marqué par « la pire moisson des 40 dernières années », « des difficultés à commercialiser les grains », « une activité distribution en demi-teinte » et « une activité fibre textile compliquée ». Avec un chiffre d’affaires stable à 1,296 milliard d’euros pour un résultat net de 20,6 M€, « nous signons finalement un résultat honorable grâce aux efforts collectifs et à la contribution des filiales, à son plus haut niveau. » Et de citer « la bonne tenue des activités légumes » avec de « beaux résultats pour Pom’Alliance » à 167,3 M€, « un rebond de Lunor » (+13,5 du CA à 54,2 M€) et du réseau Gamm Vert. « Plus que jamais, l’année vécue nous conforte dans l’idée de disposer d’outils industriels sur le territoire », confie-t-il. La nouvelle usine de Lunor, qui a enregistré du retard de fait de fouilles archéologiques, devrait démarrer prochainement. Pour la campagne à venir, Nat’Up mise notamment sur l’optimisation logistique, l’investissement dans les outils digitaux et le déploiement de solutions énergétiques. Sans oublier le déménagement dans un nouveau siège social, au printemps. (Anne Gilet)
Négoce agricole/innovation : le challenge Négoce-up’ dévoile son palmarès
Le 25 novembre, au Sitevi de Montpellier, s’est déroulée la finale du challenge Négoce-up’, porté par Négoce Expansion, qui récompense les partenariats entre start-up innovantes et négoces agricoles. L’objectif : « déployer des solutions destinées à renforcer la performance économique, environnementale et sociale des filières végétales ». Parmi les six dossiers déposés, le jury a choisi comme lauréat le négoce Charrière Distribution associé à la start’up IAdvisor pour développer un assistant IA afin d’aider les technico-commerciaux « avant, pendant et après leurs visites ». Cet outil vise à « réduire la charge administrative, mieux intégrer les données terrain et améliorer la pertinence des recommandations ». Les gagnants vont bénéficier d’un accompagnement personnalisé par les partenaires du challenge et d’une dotation de 15000 €. Le jury a également eu un coup de cœur pour le projet porté par Appro-Vert et Humeos, axé sur l’étude de la vie du sol. « Mieux visualiser l’état biologique des sols permet d’enclencher des actions correctives » expliquent les deux entreprises. Les TC d’Appro-Vert vont tester et valider la solution Humeos afin d’apporter un conseil augmenté à leurs clients sur la santé des sols. Eux aussi vont pouvoir profiter d’un accompagnement dédié. (Anne Gilet)
Biosourcé : Afyren augmente son capital pour soutenir l'expansion de sa bioraffinerie
Installation/transmission : la start-up Eloi se recentre sur la diffusion d’annonces
Eloi, spécialiste de la transmission d’exploitations agricoles, a annoncé le 26 novembre son recentrage sur la diffusion d’annonces. Il s’agit de « faire évoluer notre modèle pour clarifier notre rôle : nous ne sommes plus un intermédiaire mais une plateforme de diffusion experte au service des cédants, des porteurs de projets et des OPA », déclare le co-fondateur Maxime Pawlak, cité dans un communiqué. Depuis sa création en 2019, Eloi fonctionnait par mandat de vente exclusif. Un positionnement qui pouvait être perçu comme « chevauchant les prérogatives de certains acteurs historiques ». La nouvelle offre repose sur la mise en relation directe. Elle laisse le choix aux cédants de gérer eux-mêmes leur transmission. Ou de de se faire accompagner par leur chambre d’agriculture, Safer, centre de gestion, à qui Eloi transfère les porteurs de projet intéressés par la ferme. Le repreneur peut lui être mis en relation avec des partenaires comme le réseau Initiative France, les banques, experts techniques et autres structures d’accompagnement. Eloi promet un service « accessible », avec un forfait de 8 000 € en moyenne contre jusque-là une prestation de 18 à 30 k€.
Alternatives végétales : la start-up française La Vie lève 5 M€
Le spécialiste français de la charcuterie végétale La Vie vient de lever 5 M€ pour financer son innovation produit et ses campagnes marketing (lire l’article complet dans Agra Innovation). La start-up a notamment pu compter sur le soutien de ses investisseurs historiques, dont la Banque publique d’investissement, Seventure, Sparkfood (Sonae) et Capagro. L’opération a été complétée par une campagne de financement participatif sur la plateforme Crowdcube sous forme d’obligations convertibles en actions. La start-up y a atteint son objectif de 650 000 € en quelques heures grâce à 826 investisseurs. Cette opération intervient alors que la marque vient de sortir sa nouvelle gamme Apéro Veggie et prévoit de continuer à innover dans la catégorie. « Nous allons lancer deux grosses innovations l’année prochaine, sur des produits très peu transformés », explique son directeur marketing Romain Jolivet. Sa prochaine levée de fonds de série C est déjà prévue pour 2026, avec un objectif de 10 M€. (Irina Lafitte, Agra Innovation)
Coopératives : Terre d’Horizon a un nouveau directeur général
La coopérative vosgienne Terre d’Horizon annonce, sur le réseau LinkedIn, la nomination de Bertrand Juston au poste de directeur général. Pour rappel, ce poste était vacant depuis un an : Aude Bertout, qui a occupé cette fonction entre juin 2011 et septembre 2024, a en effet rejoint le groupe franc-comtois Terre Comtoise pour le diriger. C’est également fin 2024 que Terre d’Horizon est devenue adhérente à Terre Comtoise : un statut qui permet à ces deux coopératives voisines de mettre en place des synergies et des initiatives communes. Ingénieur agronome, Bertrand Juston a, durant 19 ans, exercé la fonction de comptable au sein du CDER, un cabinet de conseil : depuis cinq ans, il en était le directeur général adjoint. (Anne Gilet)