Alors que 4 000 bovins sont bloqués en estive dans la zone réglementée au titre de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), la ministre a annoncé une aide financière pour les éleveurs prenant des bêtes en pension, ainsi que des places dans les lycées agricoles.
Actuellement en estive dans la zone réglementée contre la dermatose bovine contagieuse (DNC), ce sont potentiellement 4 000 bovins qui ne peuvent actuellement pas revenir vers leurs corps de ferme car ceux-ci sont situés hors de la zone, a indiqué la ministre de l’Agriculture dans un communiqué de presse le 26 septembre. Pour aider les éleveurs à loger leurs animaux dans la zone, Annie Genevard a annoncé des « mesures exceptionnelles ». Tout d’abord des places d’accueil d’urgence pour des génisses, mais aussi des vaches laitières, sont ouvertes dans les établissements de formation agricole publics et privés, où les personnels pourront être mobilisés en soutien.
Par ailleurs, une aide financière est mise en œuvre « pour les exploitations qui accepteront en pension des bovins en descente d’estives contrainte ». Dans le détail, cette aide « se matérialise sous la forme d’un forfait au bovin de 2 € maximum par jour à compter du 22 septembre 2025, jusqu’à la levée des restrictions de mouvements et dans la limite de 45 jours ». Et la Rue de Varenne de préciser que « les modalités de versement de cette aide sont en cours de finalisation ».
De « fausses solutions », pour la Conf’
Pour la Confédération paysanne, les mesures annoncées par la ministre constituent de « fausses solutions » qui « se révèlent inefficaces sur le terrain », d’après un communiqué du 29 septembre. Le syndicat pointe des « réponses inadaptées » et rappelle ses propositions déjà formulées « depuis plusieurs semaines » : levée progressive de la zone réglementée (commune par commune), dérogations à l’interdiction de mouvements « pour les animaux testés et vaccinés avec garanties à l’arrivée ». Sur les 4 000 animaux bloqués en estive, « plus de 2 000 génisses et vaches en estive ont commencé à vêler ou s’en approchent, sous la neige, sans herbe », alerte la Conf’. Début septembre, le syndicat minoritaire avait déjà critiqué le cadre réglementaire pour la descente d’estive, qui avait été assoupli par une instruction technique du 4 septembre.
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Sur le plan sanitaire, la situation n’a pas évolué depuis le dernier foyer confirmé le 18 septembre à Saint-Laurent-de-Chamousset (Rhône). Aucun cas secondaire n’a été rapporté depuis. Selon la plateforme Épidémiosurveillance en santé animale (ESA), « plus d’une cinquantaine de suspicions ont été rapportées dans le Rhône et la Loire », mais « Au 28 septembre, toutes ont été infirmées ». La France compte donc 79 foyers depuis le premier cas fin juin en Savoie.
Pas de bovins au Sommet de Cournon
Même sans nouveaux cas, la DNC continue de perturber les rassemblements d’animaux de la rentrée agricole. « En raison des mesures sanitaires » liées à DNC, le Sommet de l’élevage, qui se déroulera du 7 au 10 octobre à Cournon-d’Auvergne (Puy-de-Dôme), « se tiendra sans bovins », ont annoncé ses organisateurs dans un communiqué le 29 septembre. Une « mesure préventive, guidée par le principe de précaution », expliquent-ils, alors que le foyer de DNC le plus proche se situe dans le Rhône, à une centaine de kilomètres. Vingt-quatre races bovines étaient attendues pour cette 34e édition. Par ailleurs, dans le communiqué du salon de Cournon, les organismes de sélection des races aubrac, charolaise et limousine annoncent l’annulation de leurs concours prévus au Sommet. La race bazadaise en a fait de même sur Facebook le même jour, s’ajoutant aux cinq races allaitantes et aux cinq races laitières qui avaient déjà annulé leur concours.
Même sans animaux ni concours, « les représentants des races bovines seront bel et bien présents », rassurent les organisateurs du Sommet. Les concours et présentations d’ovins, caprins et équins sont maintenus, de même que le reste du programme. « Cette année, nous franchissons de nouveaux records avec 1 770 exposants » et 99 000 m2 de stands, relativise Benoît Delaloy, le commissaire général du salon. Quelques semaines plus tôt, le Space de Rennes avait accueilli deux fois d’animaux que prévu, en raison cette fois de la fièvre catarrhale ovine (FCO), en pleine flambée épizootique dans l’Ouest.