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Maladies animales : la Conf’ veut « un changement radical »

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Lors d’une action le 16 septembre au Space de Rennes, la Confédération paysanne a dénoncé « la mauvaise gestion et le manque d’anticipation des crises [sanitaires] par l’État ». Le syndicat demande notamment des indemnisations pour la fièvre catarrhale ovine (FCO).

Une « cinquantaine » de militants de la Confédération paysanne ont mené une action le 16 septembre sur le stand du ministère de l’Agriculture au Space de Rennes, pour « exiger un changement radical de politique sanitaire », d’après un communiqué. Des photos diffusées sur X montrent des militants allongés sur le sol, recouverts de faux sang, devant une banderole « Stop à l’abattage de l’élevage ». Un mot d’ordre qui rappelle le combat du syndicat, ces dernières semaines, contre l‘abattage total des lots de bovins infectés par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Alors que la France fait face depuis plusieurs années à plusieurs épizooties simultanées, la Conf’ dénonce plus largement « la mauvaise gestion et le manque d’anticipation des crises par l’État ». Elle demande « des politiques sanitaires cohérentes, concertées et adaptées à tous les élevages ».

Dans le détail, la Confédération paysanne demande des solutions pour les animaux « bloqués dans la zone réglementée » au titre de la DNC, au pied des Alpes et du massif du Jura. Une instruction technique est parue le 4 septembre qui instaure des dérogations aux interdictions de mouvements d’animaux. Un texte « insuffisant » aux yeux du porte-parole national Stéphane Galais, qui demande « des adaptations ». « Les veaux doivent pouvoir trouver un débouché en dehors de la zone réglementée », réclame la Conf’ dans son communiqué. Autre revendication : « Les bovins bloqués en estive doivent pouvoir rejoindre leur ferme d’origine », même si ces mouvements impliquent d’entrer ou de sortir de la zone réglementée.

« La DNC n’est pas derrière nous »

Entre l’imminence des vêlages et la dégradation attendue des conditions climatiques, « on entend des cris d’alarme d’éleveurs qui nous disent qu’ils vont être obligés de désobéir », explique M. Galais à Agra Presse. Plus largement, le porte-parole de la Conf’ exige que l’administration donne « des réponses » aux éleveurs, dénonçant « un flou artistique » sur le terrain. Le dernier des 78 foyers français remonte au 6 septembre, mais « la DNC n’est pas derrière nous », prévient Stéphane Galais. « Le sujet est encore très épidermique chez les éleveurs ».

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Concernant la fièvre catarrhale ovine (FCO), très active en Bretagne ces dernières semaines, la Conf’ réitère ses revendications : « l’ouverture immédiate d’un guichet d’indemnisation des pertes directes et indirectes », ainsi que la « prise en charge » totale des vaccins (sérotypes 3 et 8, bovins et ovins) et des analyses – à l’instar de la chambre régionale d’agriculture. Le syndicat regrette « des cafouillages » au début de l’épizootie cet été, explique Julien Hamon, secrétaire général de la Confédération paysanne de Bretagne. « Les services de l’État n’ont pas vu venir la FCO, ce sont les remontées de terrain de nos adhérents qui ont déclenché l’alerte. Ils ont ensuite recommandé de vacciner massivement, mais il n’y avait pas de doses disponibles. » S’y est ajoutée selon lui une « cacophonie sur le fait de vacciner ou non les animaux malades » : certains vétérinaires « n’étaient pas formés à la FCO et ont laissé le soin aux éleveurs de choisir s’ils vaccinaient ou pas », rapporte-t-il.

« Pas mal de casse en ovins »

Selon le dernier bilan de la chambre régionale au 12 septembre, la Bretagne comptait 2 540 foyers de FCO (sérotype 3 et 8), soit 149 nouveaux élevages touchés en une semaine. Cette année, l’Ouest est la zone la plus touchée, alors que la France compte plus de 7 400 foyers de FCO-3 et 8, d’après le ministère. Les effets de la maladie sur les animaux apparaissent avec « beaucoup de disparités sur le territoire ou entre élevages », note Julien Hamon. « Il y a pas mal de casse en ovins, que ce soit allaitant ou laitiers », remarque cet agriculteur morbihannais. Les bovins lait ne sont pas épargnés, avec parfois « des euthanasies pratiquées sur des vaches qui n’arrivent pas à se remettre de la maladie ». Selon M. Hamon, les éleveurs s’attendent aussi, comme en 2024, à un impact à moyen terme, avec la crainte d’avortements dans les prochaines semaines.

La Conf’ veut « des réponses » sur les retours d’estives et la DNC

« Les services de l’État n’ont pas vu venir la FCO »