L'association L214 a contesté le 16 mai devant le tribunal administratif de Strasbourg la pratique du gavage des oies et canards pour la production de foie gras, l'estimant contraire à la directive européenne de 1998 sur la protection des animaux d'élevage. «Cette interdiction n'est pas transposée, les dispositions répressives (françaises) ne permettent pas de sanctionner les mauvais traitements qu'engendre le gavage», a soutenu à l'audience l'avocate de l'association, Hélène Thouy, tête de liste du Parti animaliste aux élections européennes de 2019. Elle a cité deux rapports, l'un émanant du Comité scientifique de la Commission Européenne du 16 décembre 1998, l'autre de l'Université de Cambridge du 14 septembre 2015, pour affirmer que le gavage «est préjudiciable aux animaux», «engendre 10 à 20% de mortalité en plus» et constitue une «source d'extrême souffrance». Le rapporteur public, Laurent Boutot, a lui réclamé le rejet de la requête. Il a estimé qu'il n'y avait pas de défaut de transposition de la directive européenne, étant donné que les Etats ne sont «pas tenus de transcrire directement en droit interne l'intégralité des dispositions» d'une directive, à condition de ne «pas en dénaturer la substance». Il a soutenu qu'il n'y avait «pas de consensus scientifique» sur le fait que le gavage était générateur de souffrance. La décision sera rendue le 6 juin.
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