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Produits surgelés 2003, en demi-teinte pour les surgelés, euphorique pour les glaces

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le Syndicat des fabricants industriels de glaces, sorbets et crèmes glacées (SFIG) et le Syndicat national des fabricants de produits surgelés et congelés (SNFPS) ont dressé le bilan de l’année 2003 pour leurs industries. Les produits surgelés dans leur ensemble ont été stables (+0,8 % en volume et +1,7 % en valeur). Les glaces, en revanche, ont connu une très belle année ; elles ont fortement bénéficié des chaleurs estivales et ont crû de 11 % en volume et 13,6 % en valeur.

Le marché des surgelés s’essouffle. Les fabricants annoncent des chiffres de production en hausse de 0,8 %, à 1 849 000 tonnes, pour un chiffre d’affaires de 5,327 milliards d’euros, en hausse de 1,7 %. Les évolutions d’achat des ménages (hard-discount inclus) sont quasiment équivalentes : la hausse en volume atteint 0,8 % et en valeur 1,8 %.

La croissance du secteur provient en partie du maxi-discompte, qui réalise de bonnes performances grâce à l’augmentation du nombre de ses magasins. Les prix des produits surgelés y sont en moyenne 20 % moins élevés que dans les grandes surfaces habituelles. L’innovation est un autre facteur de croissance du secteur, avec des rayons constitués à 15 % de nouvelles références. En outre, le segment des légumes surgelés s’est révélé porteur de croissance : ces produits ont bénéficié de la hausse des prix des légumes frais et de l’inversement des rapports de prix entre le frais et le surgelé. Pour se faire connaître, les marques n’ont pas lésiné sur les moyens. Elles ont dépensé 84,1 millions d’euros en 2003, soit 70 % de plus qu’en 2001.

Retrouver du dynamisme

Mais la question, « comment redonner de l’entrain à ce rayon ? » continue de faire couler beaucoup d’encre. Marie et Findus ont déjà donné leurs recettes, en tout cas pour le rayon des plats cuisinés surgelés. Il faudrait proposer aux consommateurs une offre plus simple et plus familiale. Les deux syndicats concernés ont organisé un concours visant à améliorer le linéaire du surgelé dans les grandes surfaces (cf encadré). Pour les fabricants, les clés de la réussite reposent sur le « développement de la quotidienneté d’usage au foyer », grâce à l’innovation et à la communication, et sur « l’amélioration de la facilité d’accès aux produits, par une plus grande lisibilité du rayon, une meilleure disponibilité et le travail des circuits de proximité ». En outre, les professionnels du surgelé regrettent l’inadéquation entre une offre qui ne cesse de croître et des linéaires dont la taille ne change pas.

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Les glaces dopées par la canicule

Les grandes gagnantes du rayon grand froid sont sans conteste les glaces, qui le tirent vers le haut. Elles ont largement bénéficié de la canicule. Les fabricants ont produit 336 millions de litres, une progression de 11 %, pour un chiffre d’affaires de 1,073 milliard d’euros en 2003, soit une progression en valeur de 13,6 %. Les achats des ménages ont quant à eux progressé de 10 % en volume et de 15 % en valeur. Les circuits de proximité ont été les premiers à bénéficier des achats d’impulsion, nombreux pendant les fortes chaleurs du mois d’août.

Mais il reste du travail à accomplir en 2004. « Malgré ces bons résultats, il existe encore en France un potentiel de développement par rapport aux autres pays européens car la consommation reste encore faible comparée à la moyenne européenne de 9 litres par an et par habitant », indique Jean-Marie Gurné, président du Syndicat des fabricants industriels de glaces, sorbets et entremets glacés. La canicule a mis en lumière des taux de rupture trop élevés. Ils s’élèvent en France à 8,4 %, contre des valeurs moitié moins importantes en Autriche ou en Italie, par exemple. Enfin, les grandes chaleurs ont permis l’arrivée de nouveaux consommateurs de glaces, et le défi en 2004 sera de les conserver.