Des ventes qui ont bien résisté malgré un contexte difficile après deux crises sanitaires successives. C’est le principal message qu’a voulu faire passer le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog) à l’occasion d’une conférence de presse le 28 mars sur ses résultats annuels. Les ventes de foie gras ont ainsi augmenté de 1 % en valeur mais baissé de 12,8 % en volumes l’année dernière. Des résultats contrastés, mais directement en lien avec une nouvelle chute de la production de près de 20 % due à la crise de l’influenza aviaire. Une baisse comparable à celle que la filière avait déjà connue l’année dernière.
Avec les conséquences du H5N1 en 2015-2016 puis du H5N8 en 2016-2017, la production est ainsi passée à 23 millions de canards en 2017, contre « environ 37 millions en 2015 », a rappelé Marie-Pierre Pé, directrice du Cifog. 2018 devrait ainsi être « une année de transition », a-t-elle insisté alors que la filière – dont près de 3 500 éleveurs – devrait toucher « 350 millions d’euros d’aides pour la couverture de ces deux crises » et mettre en place un plan d’investissement pour « mieux circonscrire les problèmes sanitaires ». Ce dernier comprendra notamment « un dépistage rendu obligatoire avant tout mouvement d’animaux », ou encore l’obligation de « rentrer les animaux dès un passage en zone à risque » ce qui nécessitera la construction de près de 750 000 m² de bâtiments dans les 5 ans.
Ces mesures feront partie du futur plan stratégique à 5 ans que devrait présenter la filière. Ce dernier inclura également un volet sur le bien-être animal, notamment en généralisant une durée de 10 à 14 jours pour la période de gavage, selon les types de production. « La durée de gavage est déjà passée de 30 à 12 jours en 30 ans », a rappelé Michel Fruchet, président du Cifog. Surtout, le comité se donne pour objectif de retrouver ses parts à l’export.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Cette année, malgré la fermeture de certains marchés asiatiques, notamment le Japon, la balance commerciale s’est fixée à +22,90 M€, contre + 22,60 M€ en 2016. Un chiffre qui est encore « loin de l’excédent de 2015 qui s’était élevé à près de 57 millions d’euros », a rappelé Marie-Pierre Pé. La filière souhaite ainsi atteindre l’objectif de « 100 millions d’euros d’excédents » d’ici 5 ans, une perspective jugée atteignable, notamment par la reconquête de marchés en Asie.
La filière souhaite atteindre l’objectif de 100 millions d’euros d’excédents d’ici 5 ans