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Vin/Stratégie AdVini parie sur ses marques

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Fidèle à son « Plan Opus Vini 2015 » lancé fin 2010, le 3e opérateur français viticole (52e acteur dans le monde), entend atteindre son objectif d’un chiffre d’affaires supérieur à 300 millions d’euros en 2015. Pour le premier semestre 2012, il a déjà atteint 104,3 millions en progression de 8% sur l’an dernier (cf AgraAlimentation N°2210 du 6 septembre).
 
L’un des axes pour réussir ce pari est de miser sur la croissance des ventes et de la notoriété de toutes les marques maison et de leurs vignobles. Celles-ci (Jeanjean, Laroche, Cazes, Ogier, Gassier, Rigal et Antoine Moueix), ainsi que les partenaires réalisent 20% du chiffre d’affaires mais connaissent la plus forte croissance, comparativement aux activités de négoce : 5% en volumes sur le semestre et 14% en chiffre d’affaires. Parmi celles-ci, l’accent sera mis sur les marques icônes qui ne représentent que 2,02 millions de chiffre (2% du total) mais ont fait un bond de 14% sur le semestre. « Elles seront intégrées dans une division Prestige de quatre personnes qui assureront leur promotion auprès d’une clientèle ciblée : restauration, prestige, hôtellerie de luxe, caviste et épiceries fines », précise Antoine Leccia, président du directoire. Un autre axe sera de renforcer l’export, actuellement 45% des ventes, avec un renforcement notamment de la structure en Chine, dont le chiffre d’affaires a été multiplié par 6 en trois ans.
 
Poursuivre partenariat et acquisitions
Le groupe, qui a multiplié ces dernières années les acquisitions, va poursuivre cette stratégie. Les dernières en date sont l’acquisition, en 2010, de Laroche par Jeanjean qui a donné naissance à AdVini et en 2011 celles de Reutenauer Vins du Sud-Ouest (RVSO) et Edonia. « Nous sommes prêts à saisir des opportunités qui correspondent à notre stratégie et entendons consolider nos régions et poursuivre notre montée en gamme », poursuit le président. Des accords stratégiques de distribution sont également un axe de croissance. « Nous ne pouvons acquérir toutes les terres, aussi nous n’écartons pas des collaborations ». En août 2012, AdVini a ainsi conclu un contrat avec Catherine Blasco, propriétaire du Château Hanteillan, 82 hectares de Haut Médoc, Cru Bourgeois. Aux termes de celui-ci Antoine Moueix assurera la commercialisation et la gestion des actifs pour un chiffre d’affaires de 1,5 million. De même en 2011, une joint venture « Vina Casablanca » a vu le jour au Chili pour une exploitation de 150 hectares. « La largeur et la profondeur du groupe » permettent d’être sur tous les marchés, sans se faire concurrence ou devoir accepter des baisses de prix réduisant les marges bénéficiaires. « Nous l’avons fait en Grande Bretagne, préférant perdre du chiffre d’affaires mais ne pas sacrifier nos marges. Notre diversité nous permet de faire ces arbitrages », affirme Antoine Leccia. Pour l’avenir du secteur vinicole, il anticipe une hausse des cours, liée à une baisse des surfaces et une augmentation de la consommation dans les pays émergents ».