Le syndicat réclame une sorte d’« impôt sécheresse », que rejettent la FNSEA et La Coopération agricole. Dans un livre blanc, les Jeunes agriculteurs font d’autres propositions à court et moyen termes.
Et si, comme en 1976, un « impôt sécheresse » était mis en place ? Les Jeunes agriculteurs, qui en ont fait la demande le 31 août, verraient bien le scénario se répéter. Le syndicat dit vouloir « une contribution générale sur l’impôt » pour faire face aux effets de la canicule et à l’ampleur des pertes subies, agricoles et non agricoles. Objectif : « Soutenir des investissements structurants pour les prochaines années » face au changement climatique (bâtiments d’élevage ou matériel d’irrigation mieux adaptés…). « C’est un enjeu de société, si demain on veut continuer à avoir une souveraineté alimentaire, une agriculture », a souligné le président Jocelyn Dubost. Car si « 30 000 à 35 000 fermes disparaissent, cela coûtera aussi cher, ce sera des territoires enfrichés, avec des effets en cascade », d’après lui.
Mauvaise idée, répondent d’autres organisations. « Nous ne sommes pas favorables à un impôt sécheresse comme en 1976. D’une part, ce serait un dispositif trop long à obtenir [au regard de la crise actuelle], et d’autre part, le manque de consentement à l’impôt pose problème », a déclaré le président de la FNSEA Arnaud Rousseau. De son côté, le président de la Coopération agricole Jean-Luc Duval estime que « financer nos dépenses par de l’impôt, c’est difficile compte tenu des finances publiques, on est des citoyens ; par contre, il faut répercuter le coût de l’alimentation dans les achats ».
Réforme de l’assurance récolte
Dans un livre blanc, les JA avancent d’autres propositions face aux aléas climatiques. Le syndicat veut des aides à la trésorerie et des aides sociales : prise en charge des cotisations MSA et dégrèvement total de la TFNB ; relèvement du plafond de l’épargne de précaution (à 80 000 €) avec une exonération fiscale portée à 100 % ; lancement de prêts garantis par l’État à taux nul pour les jeunes installés depuis moins de cinq ans ; gel des fermages. Les JA demandent la création d’un livret d’épargne dédié, ou encore de faire contribuer au réensemencement des prairies les entreprises fortement émettrices de gaz à effet de serre. Le livre blanc défend aussi une réforme de l’assurance récolte via « un fonds mutuel intégré » qui couvre tout aléa (sanitaire et climatique). Sur le plan réglementaire, ils proposent de créer un « droit d’agir en période de tension », permettant d’adapter les pratiques (fauche des jachères, chargement des animaux, etc.).
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D’autres mesures à moyen terme sont avancées, comme dans la gestion de l’eau. Il s’agit d’accélérer les projets de stockage, ralentissement et infiltration, la réutilisation des eaux usées ; limiter les possibilités de recours à une saisine du Conseil d’État. Le syndicat demande que la profession agricole soit représentée à hauteur d’un tiers dans les commissions locales de l’eau.
Jean-Christophe Detaille