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Amertume des industriels de la levure

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De leur côté, les levuriers européens n’apprécient guère cette mesure prise par la Commission et qui remet en cause en cours de route les volumes disponibles à proximité de leurs usines et va renchérir le coût de leurs matières premières (mélasse, sucres industriels, etc) à un moment où s’exercent de fortes tensions sur les cours mondiaux. L’ironie voulant que, à la veille de cette remontée des prix, la Commission a accordé aux industriels un quota d’importation de 400 000 tonnes – qui est aujourd’hui reconduit pour 2010.
Suite à la réforme de l’OCM sucre, la Commission disait vouloir réserver une part du sucre communautaire pour les débouchés industriels, remarque Gérard Blin, président du Cofalec, : « On nous suppliait de passer des contrats avec la filière betterave-sucre européenne, c’est ce que nous tentons de mettre en place depuis un an et d’un seul coup nous n’allons plus en trouver et si nous retournons sur le marché mondial, nos coûts (dont un tiers résulte de la matière première) vont exploser ». Le risque est d’ouvrir davantage la porte aux mélasses venues d’Ukraine ou de Russie mais aussi de donner un nouveau dynamisme aux usines de levure des pays tiers. L’industrie européenne de la levure, qui exportait un tiers de sa production, va perdre en compétitivité et se heurter à la concurrence de pays tiers y compris sur ses débouchés intra-communautaires. Sans vouloir brandir la menace de délocalisations, les levuriers risquent quand même d’y regarder à deux fois avant de programmer de nouveaux investissements à l’intérieur de l’UE.