La montagne a-t-elle accouché d’une souris ? L’on est en droit de se le demander au vu de l’accord sur les prix, obtenu à l’arrachée, par Nicolas Sarkozy. Rien d’étonnant à cela : comment imaginer que le bras de fer entre industriels et distributeurs disparaisse d’un coup de baguette magique asséné par un ministre de l’Economie, aussi volontaire soit-il ? Qui plus est pour laisser la place à une forme d’angélisme : toutes parties prenantes sont satisfaites, à l’exception de l’UFC-Que Choisir, qui joue décidément les empêcheurs de tourner en rond.…Mais personne n’est réellement dupe des formules d’autocongratulation et « langue de bois » entendues à la sortie, et censées masquer l’âpreté des négociations nocturnes qui transparaissait sur les visages des participants. Après les promesses, le moment est venu de les mettre en œuvre, mais comment ? Qui acceptera d’abaisser ses marges ? Même si le rapport de force est naturel dans les affaires, les pratiques dénoncées régulièrement se poursuivront sous une forme ou sous une autre. Pour les industriels dont la rentabilité est faible, baisser les prix, serait-ce de 1 %, reviendrait à « se tirer une balle dans le pied », selon des propos entendus. Un autre évoque une baisse pour des produits dont les prix autorisent une certaine élasticité, d’autres ne le permettant pas. Pour le consommateur lambda, que l’on n’a pas entendu se réjouir, faute sans doute d’illusion, le gain de pouvoir d’achat supplémentaire risque de se révéler minime à la sortie de caisse des magasins. Qui sera le grand gagnant de l’affaire ?
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