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Charcuterie/ Stratégie Aoste rebondit en 2009

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Sur la première moitié de l’année 2009, Aoste a bénéficié de la bonne tenue du marché de la charcuterie qui a progressé de 3,9 % en volume. La société appartenant à Campofrio Food Group (1) bénéficie des bonnes performances de ses marques, notamment Aoste, Cochonou et Justin Bridou. Pour continuer sur cette voie, le groupe lance plusieurs innovations et compte investir plus de 4 millions d’euros en communication. Aoste continue à soutenir chacune de ses marques, y compris WeightWatchers et Jean Caby qui sont en difficulté.

Avec une hausse de 7 % de ses volumes sur les premiers mois 2009, Aoste conforte ses positions sur un marché de la charcuterie en bonne forme : en GMS ce marché progresse de 2,1 % en volume (en cumul annuel mobile à fin mai), pour atteindre 370 189 tonnes et son chiffre d’affaire global s’élève à 3,6 milliards d’euros. Les MDD classiques détiennent 38,9 % du marché en volume (+ 6,7 %), les MDD 1er prix 21 % (-1,9 %) et les marques nationales 29 % (+1 %). L’entreprise, qui a réalisé un chiffre d’affaire de 750 millions d’euros l’année dernière, bénéficie de l’augmentation de ses promotions en linéaires et du bon comportement de ses marques.

Sous ses marques, le groupe Aoste détient 4,2 % du marché de la charcuterie en volume et 6,7 % en valeur. Aoste profite également de la progression des MDD puisqu’elles représentent entre 40 et 50 % de son activité. Aoste est leader du marché des saucissons pièces entières avec 22 % de parts de marché. Le groupe devance largement le deuxième intervenant Bongrain, qui détient 2 % du marché. « En ce début d’année, nous avons bénéficié d’un bon hiver, propice aux raclettes », explique Valérie Richard, chef de groupe Aoste. « De plus, les consommateurs vont de moins en moins au restaurant, ce qui les pousse à organiser des apéritifs chez eux et donc à consommer de la charcuterie », poursuit-elle.
Plusieurs innovations
En saucisson pré tranché et en jambon cru, le groupe Aoste se porte bien également avec respectivement 25,6 % et 19 % de parts de marché en valeur, ce qui place l’entreprise en position de leader sur ces deux segments. Pour continuer sa croissance, Aoste lance plusieurs innovations cette année : une gamme Aoste sélection (jambon de Bayonne, Serrano, Coppa, Noix de jambon prétranché), un bâton de berger aux noix pour Justin Bridou, ainsi qu’un rôti nature et thym/ romarin et un saucisson bio pour Cochonou. « La charcuterie se développe de plus en plus : les consommateurs sont en attente de diversification, de nouvelles saveurs et de nouveaux usages », justifie Valérie Richard. Pour soutenir ses innovations et l’ensemble de ses gammes, Aoste prévoit de légèrement augmenter le budget de 4 millions d’euros alloués à la communication l’année dernière. Autres axes de développement pour Aoste : le « food service » et l’export qui représentent chacun 15 % du chiffre d’affaires du groupe. A l’étranger, Aoste est surtout présent en Allemagne et en Belgique. « Notre extension dans les autres pays se fait par l’intermédiaire de nos filiales du groupe Campofrio », remarque Valérie Richard.
Jean Caby et WeightWatchers en difficulté
Tout n’est tout de même pas rose pour Aoste : sa filiale Jean Caby est déficitaire et est en pleine restructuration (2). L’entreprise reste leader du marché de la saucisse cocktail (avec 30 % de parts de marché), mais ses ventes sont en baisse de 6,8 % en volume. « Le marché est en baisse de 1,5 % et Herta chute de 9 % », précise Valérie Richard. Les marques nationales subissent la concurrence des MDD qui sont en hausse de 16 %. Pour retrouver la croissance, Jean Caby se diversifie : la société lance une gamme de produits en « co-branding » avec Disney qui comprend des jambons, des steaks de jambon et des saucisses. Aoste a également des difficultés avec sa gamme WeightWatchers, qui subit une perte de diffusion.
1. Filiale de l’espagnol Campofrio et de l’américain Smithfield 
2. Cf Agra alimentation n°2056 du 5 mars 2009 page 20