Une fois de plus, lors de la présentation des résultats semestriels du groupe Danone le 23 juillet, son p.-d.g. Franck Riboud s’est félicité de ce que le modèle de croissance de l’entreprise « fonctionne bien ». Il en veut pour preuve la progression du chiffre d’affaires de 7,2 % à périmètre et taux de change constants, et l’amélioration de 75 points de base de la marge opérationnelle au cours des six premiers mois de 2003.
Le chiffre d’affaires consolidé du groupe Danone au premier semestre s’établit à 6,622 milliards d’euros, en recul de 7,4 %. L’effet devises a pesé pour 8,2 % et la cession de Galabani pour 6,4 %. Toutefois, la croissance organique du groupe atteint 7,2 % grâce à une augmentation des volumes de 4 % et à l’offre de produits à plus forte valeur ajoutée, a indiqué Emmanuel Faber, directeur général Finances.
Amélioration attendue dans les biscuits en 2004
Par activités, et à croissance comparable, les produits laitiers frais ont connu un « taux de croissance exceptionnel » selon Franck Riboud, de 10,4 % hors l’activité Blédina, et 9,8 % en incluant celle-ci. Cette tendance concerne tous les pays. Les boissons, de même, ont fortement évolué
(8,8 %). Seule ombre au tableau, les biscuits et produits céréaliers, qui gagnent 1,1 % seulement en chiffre d’affaires, en raison de la « complexité de la finalisation de la réorganisation en Europe ». Toutefois, souligne-t-on, avec des outils plus compétitifs qui permettront des économies, l’activité devrait s’améliorer à partir du second semestre 2004, et renouer avec les progressions qu’elle a connues dans le passé.
Par zones géographiques, le « reste du monde », essentiellement les Etats-Unis et l’Afrique du Sud, a connu la meilleure progression (10,4 %), soit un rythme deux fois plus rapide que l’Europe (5,7 %). L’Asie enregistre un bond de 9,7 % sur six mois, qui cache un ralentissement au second trimestre (+ 3 % contre 17,2 % au premier trimestre) pour cause de Sras. Les ventes en Chine ont été particulièrement affectées puisqu’elles sont réalisées pour les deux tiers dans les boissons. Toutefois, à la fin juin, le phénomène semble résorbé, remarque Franck Riboud.
Premiers résultats de la joint-venture avec Coca-Cola
A propos de la marge opérationnelle, les dirigeants se félicitent du gain de 75 points de base à 11,9 % contre 11,1 % au premier semestre 2002. Cette progression intègre un effet favorable de 46 points de base lié aux variations du périmètre (cession de Galbani et joint-venture dans les eaux aux Etats-Unis avec Coca-Cola), en partie contrebalancé par la perte des redevances consécutive à la cession des bières à Scottish & Newcastle.
L’accord conclu avec Coca-Cola dans les eaux en petites bouteilles aux Etats-Unis se ressent sur la marge opérationnelle des boissons qui progresse à 14,5 % après avoir atteint 11,7 % au premier semestre 2002. Interrogé sur les premiers résultats de la joint-venture, un an après sa mise en œuvre, Emmanuel Faber précise qu’il s’agissait essentiellement de redonner à la marque Danone sa place sur ce marché. Coca-Cola mène « une politique volontariste», souligne-t-il, qui, à la faveur de la baisse des prix sur le marché américain et du repositionnement des eaux, a permis à Danone de conquérir 2 points de part de marché en six mois. L’opération est donc qualifiée de « succès ».
Au vu des résultats dégagés par le groupe au premier semestre, ses dirigeants se disent confiants dans la capacité du groupe à atteindre les objectifs qu’ils avaient annoncés pour l’exercice, soit une hausse de 5 à 7 % du chiffre d’affaires, et une amélioration de 20 à 40 points de base de la marge opérationnelle.