Après les années 2000 de forte croissance externe, le groupe volailler Arrivé entend désormais capitaliser sur ses marques et développer l’exportation de produits ciblés, peu exposés aux vagues de marchandises à bas prix.
Les chiffres d’activité 2004 du groupe vendéen Arrivé semblent confirmer que la stratégie déployée depuis cinq ans sur des signes de qualité était la bonne. Son chiffre d’affaires s’est établi à 517 millions d’euros, soit 7 % de mieux qu’en 2003. Une augmentation mécanique pour partie, en raison du renchérissement du coût des matières premières entrant dans la composition des aliments du bétail, secteur qui pèse 144 millions d’euros à lui tout seul.
Mais d’autres ratios témoignent d’une amélioration des performances. Le résultat net progresse à 3,5 millions d’euros contre 1,5 million l’année précédente, et la marge brute d’autofinancement « s’améliore», précise le président du groupe, Jacques Arrivé.
Le groupe privé ( 2900 personnes), entré dans l’industrie de la volaille en 1968 sous l’impulsion du père et de l’oncle de l’actuel président, a accéléré son développement dans les années 1990. Une croissance sous le signe des volailles fermières : rachat des « Fermiers Landais » en 1993 (marque Saint-Sever), acquisition d’un petit abattoir dédié possédant un atelier de transformation en canards gras dans la foulée ; puis reprise à Bourgoin, après 2000 en Auvergne, d’un label régional, d’usines en aliments du bétail…
Arrivé change alors de dimension. « Le chiffre d’affaires du groupe représentait, en 1999, 1,8 milliard de francs (275 millions d’euros) », indique Jacques Arrivé. Le chiffre d’affaires a depuis presque doublé.
93 000 tonnes de viandes de volaille commercialisées
Le groupe a nettement musclé son potentiel de fabrication d’aliments du bétail à 450 000 tonnes réparties dans trois usines : une en Vendée et deux dans les Deux-Sèvres dont l’une partagée à 50-50 avec LDC.
Le vendéen est également présent dans le pet-food avec une unité construite en 2001 (société ADP Vendée). Arrivé y fabrique actuellement 15 000 tonnes d’aliments et annonce une progression des ventes cette année. L’usine dispose de 30 000 tonnes de capacités.
Arrivé étend ses activités entre les Pays de la Loire, l’Auvergne et les Landes.
1000 éleveurs sous contrat approvisionnent ses outils dans trois bassins : la Vendée (480 000 mètres carrés), les Landes (250 000 mètres carrés) et l’Auvergne (180 000 mètres carrés).
En 2004, le groupe vendéen a commercialisé 93 000 tonnes de viandes de volaille : 26 % en volailles fermières, 53 % en standard et certifié et 21 % de produits élaborés. En valeur, les volailles classiques tombent à 40 % du CA, juste devant les volailles fermières (37 %), tandis que les produits élaborés se hissent à hauteur de 23 % des ventes.
Dans un secteur qui a profondément souffert, au début des années 2000, de l’explosion des importations en Europe de viandes de volailles brésiliennes (principalement), Arrivé a tiré profit de son faible engagement à l’exportation (4 % du chiffre d’affaires). « Nous exportons peu de filets de dindes, mais plutôt des produits élaborés», souligne Jacques Arrivé.
Retour aux bénéfices
Le groupe a cependant connu une année déficitaire (2002), mais retrouvé dès l’année suivante le chemin des bénéfices. Il le doit d’abord à son portefeuille de marques : « L’ensemble des labels du Bocage vendéen, Saint-Sever (Landes) et la marque Maître Coq ont représenté en 2004 plus de 60 % des ventes », souligne Jacques Arrivé.
Même si les marques de distributeurs ont progressé un peu plus vite cette année, l’identification du groupe à ses marques justifie, selon Arrivé, l’investissement actuel dans une campagne de communication à la télévision en trois vagues (février dernier, juin puis à la rentrée).
Le chemin des bénéfices, Arrivé l’a retrouvé ensuite grâce à la croissance soutenue des produits élaborés qui ont progressé de 12 % en 2003, et encore de 17 % en 2004. Générateurs de valeur, ils sont également gourmands en investissements.
Arrivé s’appuie sur deux unités dédiées, à Chavagnes-en-Paillers (1992) et Sainte-Hermine (Vendée), construite en 2002. La première fabrique les produits élaborés crus, les volailles farcies et la cuisson de grosses pièces, la seconde les petites pièces type « coq ailes » et les produits panés.
Le vendéen a dû, dès 2004, rajouter une cinquième ligne de production à son outil construit en 2002. En 2005, il s’attellera à moderniser sa plate-forme logistique pour accélérer les flux de passage des produits élaborés dont les références augmentent, et généralement « améliorer le service clients», souligne Jacques Arrivé.
Après une intense période de croissance externe (le début des années 2000), Arrivé tire profit aujourd’hui de son portefeuille de marques. « Avoir des marques nous permet de maintenir nos volumes voire de progresser», analyse le p.-d.g.
Ce dernier reconnaît cependant que le groupe peut encore paraître fragile, au vu du résultat net. Dans le futur, Arrivé tentera d’augmenter ses ventes à l’exportation. « A moyen terme, nous pouvons les doubler en visant les 8 % du CA à l’export, avec des produits à marque et des produits élaborés ».