La CIAA laconique
La Confédération européenne des industries agro-alimentaires (CIAA) s’est contentée de faire circuler un communiqué succinct, qui reflète vraisemblablement les divergences de positions au sein de ses membres. « Nous sommes positifs quant au fait qu’une décision ait été prise au niveau européen. Nous acceptons, qu’à ce stade, ce “paquet” reflète ce qui était uniquement possible politiquement. Par rapport à la mise en place des mesures et au travail qui nous attend, l’industrie souhaite participer de manière constructive et espère être consultée, notamment sur les profils nutritionnels », a-t-elle indiqué.
Satisfaction globale des industriels français
Malgré quelques réserves, l’Association nationale des industries alimentaires (Ania) dit se féliciter « que l’industrie alimentaire dispose enfin d’un texte d’harmonisation européenne ».
L’Ania dit adhérer au principe selon lequel les produits alimentaires doivent respecter une certaine composition nutritionnelle (profils nutritionnels qui seront définis par l’AESA) pour pouvoir se prévaloir d’une allégation santé telle que « le calcium renforce la densité osseuse ».
De même pour les allégations nutritionnelles, telles que « riche en calcium », qui pourront être faites à condition d’informer le consommateur sur la composition détaillée du produit (si un seul nutriment est hors profil).
Enfin, l’Ania estime que le délai d’instruction du dossier par les autorités européennes (environ six mois) pour obtenir l’autorisation de réaliser une nouvelle allégation santé, est raisonnable.
Cependant l’Ania émet de vives réserves concernant les restrictions sur les allégations nutritionnelles qui risquent de pénaliser injustement certains aliments.
Les PME s’inquiètent des procédures
L’Union européenne de l’artisanat et des petites et moyennes entreprises (UEAPME) estime que le compromis sur les profils nutritionnels, qui réglemente conjointement les teneurs limites en sucre, sel et matières grasse, est « un bon compromis ». Mais elle met en garde contre la procédure d’autorisation qui, selon elle, demeure trop lourde et risque de décourager les PME de rentrer dans le jeu des allégations. « L’introduction d’un registre des allégations de santé autorisées peut être secourable à cet égard mais ses effets ne se feront sentir que plusieurs années après l’entrée en vigueur du règlement », prévient l’UEAPME. Par ailleurs, l’association s’inquiète de ce que le règlement finisse par entraîner une distinction entre ‘bons’ et ‘mauvais’ aliments, un résultat qui « serait complètement inutile et inacceptable pour les PME ».
Le BEUC soulagé
Le BEUC (Bureau européen des unions de consommateurs) ne cache pas que la proposition initiale de la Commission lui convenait a priori mieux. Mais elle estime que le texte finalement voté par le Parlement la laisse « pratiquement intacte ». « Nous sommes satisfaits que les allégations de santé seront graduellement interdites pour les aliments sucrés, salés et gras,» a déclaré le directeur du BEUC, Jim Murray. « Nous sommes également satisfaits que les marques déposées entreront, dans leur temps, dans le champ d’application du règlement ».
L’UFC-Que Choisir reste sur sa faim
« On attendait la fin des sucettes “sans matières grasses” et des lardons “riches en Oméga-3”, mais les Eurodéputés en ont décidé autrement par un vote qui nous laisse sur notre faim », a déclaré l’UFC-Que Choisir dans un communiqué.
L’association de défense des consommateurs se félicite que les allégations de santé seront désormais interdites pour les produits trop riches an sucre, sel ou graisses. Mais elle déplore que les eurodéputés aient introduit plus de souplesse dans les profils nutritionnels. Ainsi, dit-elle, « un produit très gras pourrait quand même se prévaloir d’un intérêt nutritionnel (par exemple riche en calcium, en fibres, etc), sous réserve d’ajouter une mention « forte teneur en matière grasse ». « L’UFC-Que Choisir demande aux professionnels de prendre enfin leurs responsabilités et de faire cesser dès maintenant l’utilisation d’allégations trompeuses pour les produits les plus riches dont on sait déjà qu’ils ne respecteront pas les profils. »