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Belvédère, sous une procédure de sauvegarde depuis juillet 2008, ce qui lui permet de se protéger de ses créanciers et de procéder à une restructuration de sa dette, pourrait ne pas vendre, dans l’immédiat, Marie Brizard. D’autre part, le groupe conteste l’arrêt de la cour d’appel de Dijon et se pourvoit en cassation.
Selon un porte-parole de Belvédère, « il est possible que la meilleure solution du groupe soit de ne pas céder Marie Brizard maintenant. Le trend de cession n’est pas dans le meilleur timing. Cette vente était destinée à pouvoir payer dans sa totalité l’échéance de novembre (d’un montant de 40 M EUR). » Selon notre source, « la situation de Marie Brizard s’améliore et les conditions de la vente pourraient changer d’ici six mois à un an ».
D’autre part, dans un communiqué daté du 23 septembre, le groupe de spiritueux a déclaré se pourvoir en cassation contre l’arrêt du 21 septembre de la cour d’appel de Dijon qui a admis la déclaration de créance de la Bank of New York Mellon. La Cour d’appel a pris cet arrêt en s’appuyant sur le contrat soumis au droit de New York. « Contre toute attente, la cour a ainsi écarté le droit français d’ordre public qui est seul applicable en matière de sauvegarde (…), précise le communiqué (…). En revanche, la cour a arrêté les intérêts de la créance FRN au 15 mai 2013. » Le montant de cette créance due aux porteurs d’obligations à taux variables (FRN) est de 375 M EUR. De fait, la société souligne que le montant des échéances prévues au plan de cession sera fortement revu à la baisse.
La première échéance pourrait être honorée
Ajoutons que Belvédère a annoncé, dans ce même communiqué, qu’il « disposera en novembre prochain des moyens financiers nécessaires au paiement de sa première échéance ».
Dès lors, on comprend que le groupe veuille attendre que son actif soit mieux valorisé pour le céder. Il reste que le report du plan de cession est du seul ressort du tribunal, si Belvédère en fait la demande. La société va publier prochainement une information dans ce sens.
A ce jour, deux candidats seraient toujours intéressés par Marie Brizard, dont la Cofepp (Compagnie financière européenne de prises de participation), maison mère de la Martiniquaise, déjà en pourparlers en juillet. (1)
En attendant, la décision de la cour d’appel provoque le report de quelques semaines de la publication des résultats semestriels du groupe, cela pour en mesurer les impacts dans les comptes. Ces derniers seront publiés, au plus tard, le 31 octobre.
Enfin, la conseil d’administration de Belvédère a annoncé le 1er octobre l’annulation de l’AGE du 22 octobre 2010 qui devait se prononcer sur une éventuelle dissolution. Raison invoquée : « La prise de connaissance d’éléments nouveaux et notamment de dispositions légales applicables aux sociétés sous régime de sauvegarde qui les dispensent de reconstituer leurs capitaux propres dans un délai de 2 ans ».
(1) Cf Agra Alimentation n°2119 du 22.07.2010, page 21