Après un recul des conversions en 2013, le nombre de postulants à l'agriculture biologique en France a repris des couleurs en 2014. Il faut dire que la progression de la demande ne se dément pas.
Le dynamisme des produits biologiques ne se dément pas, avec une croissance de 10 % pour 2014 confirmée par l'Agence Bio lors d'une conférence de presse le 22 mai. Le marché a ainsi atteint la barre symbolique des 5 milliards d'euros (1). Si l'arrivée massive de produits bio en GMS a contribué à faire décoller les ventes et à démocratiser les produits bio, les magasins spécialisés, notamment les réseaux, restent très dynamiques. C'est d'ailleurs le circuit de commercialisation qui a le plus progressé en 2014 (voir tableau). Après avoir doublé entre 2007 et 2012, le marché a encore progressé de 20 % entre 2012 et 2014. Si la bio représente 2,5 % seulement du marché alimentaire total, sa part de marché valeur atteint 20 % pour les œufs, près de 12 % pour le lait et environ 14 % pour les sept fruits et légumes les plus consommés en France (hors agrumes), précise l'Agence Bio.
LES CONVERSIONS SONT REPARTIES À LA HAUSSE EN 2014
Alors que la demande est là, le recul de surfaces des conversions observé en 2013 (-4 %), combiné à des incertitudes sur les aides au maintien dans l'agriculture biologique dans le cadre de la nouvelle Pac, pouvait laisser craindre que la progression de l'offre ne suive plus celle de la demande. Mais les surfaces en conversions ont progressé de 14 % en 2014 et depuis début 2015, la progression est de 16 %. « Nous avions observé une baisse des conversions en valeur relative en 2013, suite à des années exceptionnelles. Les producteurs anticipaient une arrivée massive de nouvelles cultures bio sur le marché. C'était un stade de structuration de la filière. Maintenant, les producteurs voient qu'il faut développer l'offre pour accompagner la croissance de la demande », a indiqué Elisabeth Mercier, directrice de l'Agence bio, très confiante sur les perspectives de développement de la filière, même si les performances diffèrent encore beaucoup d'un secteur à l'autre (14,7 % des surfaces de fruits cultivées en bio, contre seulement 1,9 % pour les grandes cultures) et d'un territoire à l'autre. Au total, plus de 1,1 million d'hectares étaient certifiés bio ou en conversion à fin 2014, soit 4,1 % du territoire agricole français. En 2014, 76 % des produits bio consommés en France étaient d'origine française, contre moins de 65 % il y a cinq ans, s'est félicitée Elisabeth Mercier. Et parmi les importations, la moitié concerne des produits exotiques (café, thé, chocolat, fruits exotiques…).
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DANS LA BIO AUSSI, ON VEUT EXPORTER
Dans le même temps, l'Agence bio espère bien voir se développer les exportations de produits bio français. « Je suis persuadée que les exportations peuvent doubler en cinq ans », a déclaré Elisabeth Mercier. « Le marché des produits bio connaît un développement mondial. Il progresse par exemple en Inde et en Chine », a précisé Didier Perréol, président de l'Agence Bio. En 2014, les exportations de produits bio français ont atteint 435 millions d'euros et concerné du vin pour les deux tiers. Cela reste très probablement bien loin du niveau des importations…
(1) 4,38 milliards d'euros en consommation à domicile et 191 millions d'euros en restauration collective.