Dans un communiqué du 11 septembre résumant quatre années d’expérimentation du projet européen Carina (8 M€ de budget), Arvalis estime que la cameline, servant à produire des biocarburants, peut contribuer à diversifier les systèmes agricoles, tout en limitant la concurrence avec les productions alimentaires. La méthode de la double culture (ou d’interculture) apparaît comme la voie d’insertion la plus aboutie. En France, les résultats les plus encourageants ont été constatés lorsque la cameline a été implantée après une culture d’hiver (orge ou pois). Des rendements de 1 à 1,5 t/ha ont été observés.
La carinata, moins étudiée en France, présente pour sa part une maturité technique moindre : les essais français en interculture n’ont pas permis d’aller jusqu’à la récolte, en raison notamment de la forte pression altise et du manque d’eau au semis. Toutefois, des résultats encourageants ont été rapportés dans plusieurs contextes européens, notamment les associations avec le blé, la lentille, la vesce ou le lupin. La culture semble être davantage adaptée « aux pays d’Europe du Sud et de l’Est », a expliqué Sylvain Marsac, chargé d’études Bioressources du projet, d’Arvalis lors d’une visioconférence de presse le 16 septembre. Côté trituration, « aucun feu rouge » concernant la cameline et la carinata n’est à rapporter, déclare Cédric Dufour, agronome de Saipol, les outils industriels français dédiés au colza pouvant s’adapter. Côté réglementaire, les experts espèrent que l’UE publiera prochainement une définition précise des intercultures, afin de pouvoir réellement déployer les espèces en France et en Europe. « Nous espérons qu’une définition claire surviendra en 2027 », indique l’expert de Saipol. Arvalis et Saipol estiment un potentiel (très théorique) de production de cameline en France de 1,3 Mha environ en double culture.
Potentiel de production de 1,3 Mha de cameline en double culture en France
KC