Lait : le p.-d.g. de Lactalis cité à comparaître dans l'affaire des primes non versées
Emmanuel Besnier, le p.-d.g. de Lactalis, est convoqué au tribunal correctionnel de Laval (Mayenne) le 5 novembre dans le cadre de l'affaire des primes de participation non versées à certains salariés et ex-salariés de l’entreprise. « Il a reçu deux citations à comparaître, pour présentation de comptes infidèles et escroquerie au jugement, affirme l'avocat des employés de Lactalis », Renaud Portejoie, cité par le média public Ici. L’avocat représente les salariés estimant avoir été lésés et Maxime et Alexandre Renahy, ce dernier ayant créé l’association Justice pour nos primes. Cette audience technique permettra de déterminer la somme consignée par les plaignants, ce qui leur ouvrira ensuite la possibilité de saisir la justice pour présentation de comptes infidèles et escroquerie au jugement, explique à Agra Presse l’entourage de l’avocat Olivier Baratelli, qui défend Lactalis dans cette affaire. En mars, le groupe Lactalis a fini par déposer ses comptes consolidés pour les années 2020 à 2024, à la veille d’une convocation devant la justice d’Emmanuel Besnier pour non-publication de ces comptes. L’avocat a décidé d’une stratégie offensive pour défendre son client en saisissant la justice pour dénonciation calomnieuse, et en signalant les actions contre le groupe auprès du Parquet national financier. Les pouvoir publics ont aussi été alertés d’une tentative de déstabilisation de la société.
Porc : Cooperl ouvre un bureau au Brésil, des reproducteurs déjà livrés sur place
Cooperl, l’un des leaders français du porc, a ouvert un bureau au Brésil afin d’y exporter ses produits, annonce-t-il dans sa lettre d’information destinée à ses partenaires. Baptisée Cooperl Do Brasil, « cette nouvelle entité est établie à São Paulo, le cœur économique du pays ». Elle comprend deux personnes qui ont pour mission « le lancement et le développement » des activités du groupe. Pour la Cooperl, l’implantation au Brésil « représente une opportunité immense ». « Un premier succès s'est concrétisé par l'introduction de notre génétique porcine, avec une première livraison de reproducteurs sur le marché brésilien en juillet 2026 », ajoute la coopérative de Lamballe. Présente dans 50 pays (avec 14 bureaux et quatre usines), la Cooperl mène une stratégie largement tournée vers l’international : l’export absorbe un tiers de sa production de viande de porc, soit 22 % du chiffre d’affaires de sa branche Viandes. Au-delà de la viande et des produits transformés, le groupe exporte aussi l’ensemble des services liés à l’élevage porcin (génétique, bâtiments, etc.). La Cooperl est notamment bien implantée en Chine, où elle développe une « filière complète » (ferme de sélection en 2013, usine de transformation en 2020), selon son site internet.
Poulet : des ONG saisissent les Fraudes au sujet du label « Filière agricole engagée »
Dans un communiqué du 14 septembre, quatre associations de protection animale* annoncent « saisir la DGCCRF » (Fraudes) au sujet du label « Bien-être animal, filière agricole engagée », lancé la semaine dernière pour le poulet. Espérant « une réponse ferme des pouvoirs publics », elles estiment qu’« un logo faisant valoir le bien-être animal ne peut pas être apposé sur des produits issus de poulets à croissance rapide (parfois appelés turbopoulets) et élevés à de fortes densités, sans tromper ouvertement les consommateurs ». Le cahier des charges « Filière agricole engagée » permet l’utilisation de souches à croissance rapide, ainsi qu’une densité maximale de 38 kg/m2. Or, selon les associations, ces deux pratiques sont « contraires aux prérequis pour un état de bien-être minimal » stipulés dans un avis de l’Efsa de 2023. Elles rappellent que ces deux pratiques sont, par ailleurs, « interdites dans le cadre de l’ECC » (European Chicken Commitment, cahier des charges lancé et promu par des ONG). Le 9 septembre, le lancement du label « Bien-être animal, filière agricole engagée » a été annoncé par un collectif regroupant des entreprises majeures de la filière française du poulet (LDC, Eureden, Le Gouessant, Sanders, etc.). *OABA, CIWF France, Welfarm et LFDA
Distribution : E.Leclerc donne 1 M€ en produits aux Banques alimentaires
Le distributeur E.Leclerc a annoncé le 11 septembre un don de 1 million d’euros de produits, principalement alimentaires, destinés en priorité aux jeunes et aux étudiants. Ce don représente 750 palettes de produits issues des stocks des coopératives régionales E.Leclerc. Ce don est composé exclusivement de denrées à longue durée de conservation (DLC), à l’exclusion des produits frais et des denrées à DLC courte issues des collectes en magasins, selon le service communication d’E.Leclerc. Il s’agit de produits de la « Marque Repère, marque propre de l’enseigne » comme « des denrées du quotidien, dont des références bio, sélectionnées notamment pour leur profil nutritionnel (pâtes, riz, lentilles, légumes, lait, thon, plats préparés, café…) mais aussi des produits d’hygiène tels que les protections hygiéniques. La distribution se fera au travers d'épiceries sociales et solidaires du réseau des Banques Alimentaires, auprès de publics jeunes et étudiants », indique l’enseigne, notamment les associations partenaires des Banques alimentaires et le Rayon, lancé en 2025, réseau regroupant divers dispositifs de distribution directe et qui s’adresse particulièrement aux jeunes et aux étudiants.
Restauration collective : Bleu-Blanc-Cœur intègre le périmètre des produits Egalim
Les produits Bleu-Blanc-Cœur sont désormais reconnus parmi les produits éligibles aux objectifs de la loi Egalim pour la restauration collective, dans le cadre de la loi d’urgence agricole, qui a été promulguée le 18 août. Une reconnaissance attendue depuis près de dix ans par la société coopérative d'intérêt collectif (SCIC). La loi Egalim fixe aux restaurants collectifs un objectif d’au moins 50 % de produits durables et de qualité dans leurs approvisionnements. L’article 8 de la nouvelle loi élargit le périmètre des produits pouvant être comptabilisés en créant une catégorie dédiée aux démarches reposant sur des « externalités environnementales et caractéristiques nutritionnelles objectivées, attestés par un système de certification ». Née en 2000, Bleu-Blanc-Cœur est une démarche agricole et alimentaire française qui vise à améliorer la qualité nutritionnelle et environnementale de l’alimentation. Elle repose notamment sur une alimentation animale diversifiée, intégrant des fourrages et des graines naturellement riches en Omega 3, comme l’herbe, la luzerne, le lin ou la féverole. Le modèle revendique ainsi une approche dite « Une seule santé », reliant santé des sols, des animaux et des consommateurs.