Abonné

Bioéconomie : débat autour des opportunités d’un secteur qui pèse plus de 2300 Mrd€

- - 6 min

Une conférence sur la nouvelle stratégie en matière de bioéconomie proposée en octobre 2018 par la Commission européenne s'est tenue au siège du Comité économique et social européen (CESE) à Bruxelles. Elle a été l'occasion de présenter et de discuter de cette initiative visant à améliorer et à développer l'utilisation durable des ressources renouvelables. 

Une conférence sur la nouvelle stratégie en matière de bioéconomie proposée en octobre 2018 par la Commission européenne s'est tenue au siège du Comité économique et social européen (CESE) à Bruxelles. Elle a été l'occasion de présenter et de discuter de cette initiative visant à améliorer et à développer l'utilisation durable des ressources renouvelables.
 

Les acteurs de la bioéconomie d’une grande partie l'UE ont partagé les opportunités et les défis de leur secteur lors d’une conférence de deux jours (7 et 8 mars) organisée par le Comité économique et social européen (CESE) à Bruxelles. Une des questions au centre des débats a été de savoir qui serait à même de conduire le changement vers cette nouvelle économie ? Les consommateurs ? Les entreprises ? Ou les décideurs politiques ?

Ouvrant les débats, Cillian Lohan, membre du groupe Diversité Europe du CESE (1) a invité les participants à réfléchir à une question clé pour le développement de l'économie circulaire, à savoir qui des trois parties prenantes (les consommateurs, les industriels ou les décideurs politiques) devrait faire le premier pas pour booster le développement de l’économie circulaire en Europe. Pour lui, bien que tous les trois doivent jouer un rôle égal une fois que l'économie circulaire serait mise en œuvre, il serait indispensable que « la responsabilité du changement initial n’incombe pas au consommateur ». Il estime que ce sont « les changements dans les pratiques commerciales, soutenus par des changements de politiques et par une infrastructure politique qui créeront réellement un environnement où les consommateurs auront des options abordables et accessibles qui leur permettront de faire des choix circulaires et durables ».

De son côté, Ladeja Godina Koŝir, présidente du Groupe de coordination de la Plate-forme européenne des acteurs de l'économie circulaire, a appelé les participants à tirer le meilleur parti de la Plate-forme en tant que réseau de soutien pour aider à résoudre les problèmes auxquels ils sont confrontés dans leurs projets d'économie circulaire. Elle a expliqué que son programme pour 2019 prévoit de rationaliser les activités de la Plate-forme, de resserrer les liens entre la Plate-forme et d'autres organes de l'UE ainsi que de promouvoir la culture circulaire dans toute l'Europe en mettant les industries créatives au courant.

La Plate-forme a été créée en 2017 dans le cadre d'un effort conjoint de la Commission européenne et du Comité économique et social européen. Elle sert de "réseau de réseaux" et va au-delà des activités sectorielles en s’efforçant de mettre en évidence les opportunités et les défis intersectoriels, en offrant un lieu de rencontre où les parties prenantes peuvent partager leurs solutions et faire équipe pour relever des défis spécifiques, tout en faisant le pont entre les initiatives existantes et en préconisant l'économie circulaire aux niveaux national, régional et local.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Commission européenne
Suivi
Suivre
bioéconomie
Suivi
Suivre

Pour sa part, Joanna Drake, directrice générale adjointe de la DG Environnement de la Commission européenne, a souligné « le rôle crucial » de la participation des parties prenantes aux initiatives de la Commission européenne en matière d'économie circulaire en affirmant qu’"une partie de leur succès repose sur une approche ascendante faisant appel au soutien et à l'engagement de toutes les parties prenantes par le biais de la coopération, de plates-formes, d'échanges de bonnes pratiques et d'approches volontaires des entreprises". Elle a présenté les grandes lignes des initiatives de la Commission en la matière, notamment son Plan d’action du 11 octobre 2018 intitulé : Une bioéconomie durable pour l’Europe : renforcer les liens entre l’économie, la société et l’environnement. La bioéconomie englobe notamment tous les secteurs économiques et industriels qui utilisent des ressources et des procédés biologiques pour produire des denrées alimentaires, de l’alimentation animale, des bioproduits et de l’énergie.

Un chiffre d’affaires de plus de 2300 Mrd€

Selon le Plan d’action de la Commission sur la bioéconomie durable, dont le chiffre d’affaires dépasse les 2300 milliards d’euros (chiffre de 2015) et qui représente 8,2 % de la main-d’œuvre de l’UE, celle-ci joue un rôle central dans le fonctionnement et la réussite de l’économie européenne. Le déploiement d’une bioéconomie européenne durable entraînerait la création d’emplois, en particulier dans les zones côtières et rurales grâce à la participation croissante de producteurs primaires aux bioéconomies locales. Dans le secteur des bio-industries, un million d’emplois nouveaux pourraient être créés d’ici à 2030, selon les estimations du secteur lui-même. La Commission estime que la bioéconomie durable est à même de transformer les déchets organiques, les résidus et les rejets en ressources utiles et de créer des innovations et des incitations qui aideront les commerçants et les consommateurs à réduire de 50 % le gaspillage alimentaire d’ici 2030. Par exemple, dans le secteur de l’élevage du bétail, de plus en plus d’innovations permettent déjà de transformer en toute sécurité certains déchets de denrées alimentaires en aliments pour animaux, pour autant que la réglementation en vigueur et les exigences juridiques soient respectées. Elle estime qu’avec les terres – actuellement exploitées pour nourrir des animaux – qui pourraient être épargnées grâce à ces innovations, on pourrait alimenter quelque trois milliards de personnes supplémentaires.

Plus concrètement, la Commission compte lancer – dans le courant de l’année 2019 – quatorze mesures parmi lesquelles il est notamment question d’un programme stratégique de déploiement portant sur les systèmes alimentaires et agricoles durables, sur la sylviculture durable, sur les bioproduits ainsi qu’un mécanisme de soutien de l’UE aux politiques de bioéconomie. Par ailleurs, dans le cadre du prochain Cadre Financier Pluriannuel 2021-2027 de l’UE, il est prévu de donner une forte impulsion à la recherche et l’innovation systémiques dans les domaines et les secteurs couverts par la bioéconomie. Il est en particulier projeté de consacrer 10 milliards d’euros au pôle Alimentation et ressources naturelles du programme Horizon Europe.

rlandaise Green Economy