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RÉSULTATS/LÉGUMES TRANSFORMÉS Bonduelle, porté par la conserve, retrouve de la croissance en Europe

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Bonduelle a retrouvé de la croissance sur le Vieux Continent et y a légèrement amélioré sa marge opérationnelle au premier semestre. Les pays émergents restent toutefois le vrai moteur de croissance du groupe, et son principal foyer de rentabilité (deux tiers du résultat pour un tiers du chiffre d'affaires). Le groupe, qui a réalisé une excellente performance dans la conserve, a significativement accru sa rentabilité opérationnelle, mais reste prudent pour le second semestre.

Bonduelle a retrouvé des couleurs en europe (deux tiers du chiffre d'affaires). Après un exercice 2012/2013 qui avait vu les ventes du vieux continent reculer de 0,8 % en données comparables, elles sont reparties à la hausse au premier semestre 2013/2014, progressant de 2 % en données comparables. Malgré une légère amélioration du résultat opérationnel courant (+ 5 % à 18,9 millions d'euros), la croissance et la rentabilité du groupe nordiste restent plus que jamais focalisées sur les zones de croissance. les ventes y ont progressé de 10,7 % en comparable (+ 1,6 % en données publiées, du fait notamment des effets de change) et le résultat opérationnel courant de 10,7 %, passant à 40,2 millions d'euros. « La zone hors Europe pèse 36 % de notre chiffre d'affaires et 68 % de notre rentabilité opérationnelle », a d'ailleurs remarqué Christophe Bonduelle, p.-d.g., à l'occasion des résultats du premier semestre.

La ConserVe progresse de 8,5 %

C'est la conserve (55 % des ventes) qui tire la croissance du groupe vers le haut, avec des ventes en hausse de 8,5 % en comparable. en europe, la croissance des volumes atteint 3,3 %, grâce à la RHF et à la Mdd (la marque Bonduelle recule de 1,1 %), sur un marché retail en recul de 3,3 %. Au Canada, les volumes se sont bien portés sur le segment, à + 4,7 %. Au Brésil, la croissance a atteint 33 % en volumes et une deuxième ligne de production va être installée, pour porter la capacité de production de 45 000 à 65 000 tonnes. Il s'agit aussi de diversifier la gamme, actuellement très centrée sur le maïs et le petit pois. Sur la zone Bonduelle développement (Russie, CeI, Balkans), les volumes de conserve ont progressé de 15,9 %, dont + 23 % pour la Russie.

le surgelé (26,8 % des ventes), progresse de 2,5 % en données comparables. en europe, l'activité est stable, la croissance du retail (sur un marché en recul de 1,4 %) compensant le recul du foodservice. Au Canada et aux etats-unis, les volumes ont respectivement progressé de 4,5 % et 8,5 %.

Le frais toujours à La peine

dans le frais (europe seulement), la situation reste compliquée, avec des ventes en recul de 1,6 % en données comparables. « Le secteur est plus sensible à la crise et la situation en Italie, principal pays d'opération, n'est pas favorable », a commenté Christophe Bonduelle. Sur la salade en sachets en France, Bonduelle affiche une excellente performance à marque (+ 8,9 % sur un marché stable) mais aussi en Mdd (6,1 % sur un marché en retrait de 3,8 %). Avec la RHF, les volumes augmentent de 6,3 %. en traiteur, les volumes Mdd reculent de 21,4 % du fait de la perte d'un contrat Carrefour, et la marque progresse moins vite que le marché (+ 12,5 % sur un marché à + 17,1 %). le marché des salades traiteur tire actuellement sa croissance des salades snacking, notamment des formats consistants (segment initié par Sodebo sur lequel est aussi présent Mix).

BondueLLe Veut surfer sur Le suCCès des saLades sodeBo

Bonduelle lance son offre en avril, sous la forme d'un plateau repas complet, puisqu'il inclut une salade, la sauce à part et les couverts accompagnés d'une serviette, un petit pain grillé et un dessert Bonne Maman ou Andros (prix de vente conseillé autour de 5 euros). Christophe Bonduelle s'est borné à évoquer un souhait de « chiffre d'affaires important en année 1 », refusant de communiquer des objectifs chiffrés. en Italie, malgré une croissance du foodservice, les volumes de produits frais restent en retrait (-3 %), du fait du fort recul de la marque Bonduelle (-6,3 % sur un marché à – 3,3 %). la marque a toutefois rebondi en fin d'année, repassant en positif sur un marché toujours mal orienté, a relevé Christophe Bonduelle.

reLèVement prudent des perspeCtiVes de résuLtat

Au global, le chiffre d'affaires de Bonduelle au premier semestre a augmenté de 4,9 % en données comparables (+ 0,9 % en données publiées), à 987,7 millions d'euros. les effets de change ont pesé à hauteur de - 3,1 % et les effets de périmètre à hauteur de - 0,9 %. le résultat opérationnel courant, à 59,1 millions d'euros, bondit de 9,9 %, soit une marge opérationnelle de 6 % contre 5,5 % au premier semestre précédent. une performance réalisée malgré les surcoûts liés aux campagnes de l'été 2013, qui amène Bonduelle à réviser à la hausse sa prévision de rentabilité opérationnelle courante sur l'exercice, à 106-107 millions d'euros (taux de changes constants), pour un chiffre d'affaires en hausse de 4 % (taux de changes constants également, prévision inchangée). Ce relèvement reste toutefois prudent du fait de la volatilité des changes, du renforcement des investissements marketing prévus et des surcoûts liés aux campagnes de l'été 2013, qui pèseront majoritairement sur la deuxième partie de l'exercice. À noter, le résultat des joint ventures sur les surgelés en Mdd s'améliore avec des pertes en recul. « Nous visons l'équilibre au second semestre », a précisé Christophe Bonduelle. Autre activité à redresser, le champignon. « Les marges du champignon se redressent mais les prix ne se redressent pas. Nous ne sommes pas encore au niveau de rentabilité du groupe », a admis le dirigeant.

QueLLes perspeCtiVes de CroissanCe externe ?

Bonduelle, qui précise avoir retrouvé la même structure financière qu'avant ses acquisitions aux etats-unis, en Russie et en Hongrie, reste en veille en matière de croissance externe. « On investit en ressources humaines dans la zone Amériques. Nous ne sommes pas présents sur le frais au Canada, sur les conserves aux Etats-Unis, pas du tout en Amérique Centrale et au Brésil seulement en Amérique du Sud. En Europe orientale, il nous manque le frais et le foodservice et nous sommes petits en surgelé », a indiqué Christophe Bonduelle.