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Bulles financières

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L’argent fait tout ou presque. Le besoin d’argent peut tout défaire, les pactes d’actionnaires en particulier : tour à tour des fleurons de l’agroalimentaire en sont les victimes. Ces jours-ci, c’est en Champagne que souffle ce mauvais vent qui pourrait emporter deux des cinq premières maisons indépendantes. Les actionnaires de Taittinger en se disant vendeurs provoquent des convoitises d’origines diverses, selon qu’elles portent sur les hôtels de prestige de la société du Louvre ou sur la marque de champagne. En mettant l’affaire sur la place publique, Taittinger a réussi sans mal à allonger la liste des candidats. Si la plupart sont des financiers, il serait étonnant que les opérateurs champenois ne se prévalent pas de leur connaissance du métier pour tenter d’emporter le morceau. Mais le niveau de prix auquel se font les transactions rend l’exercice délicat pour la 5ème marque de champagne. Au même moment, l’empire Lanson, en bien moins bonne forme, est quasiment mis sur le marché à la fois par le représentant de la famille Mora qui a l’air de vouloir jeter l’éponge et par son banquier et maintenant partenaire, la Caisse Nationale des Caisses d’Epargne qui commence à mégoter son soutien et se demande ce qu’il est allé faire dans cette galère : mais là aussi, les ratios en vigueur dans le secteur risquent de provoquer des enchères particulièrement élevées. Et peut-être aussi des déconvenues…