Deux jours avant l'expiration du délai fixé par le tribunal de commerce de Reims au 10 juillet, aucun repreneur ferme n'avait déposé d'offre de rachat global pour les activités du groupe champenois Bricout-Delbeck. "Dans un contexte de pénurie de raisin conjoncturelle et structurelle, on assiste actuellement à une guerre entre les grandes maisons de négoce pour les 400 hectares d'approvisionnement dont disposait le groupe", indique Bernard Beaulieu, secrétaire général de l'intersyndicat CGT du champagne. Une solution de reprise de l'ancien groupe Martin a bien été envisagée par les maisons Mumm (Allied Domecq), Vranken-Pommery, Moët-et-Chandon (LVMH) en association avec la coopérative régionale des vins de Champagne (ex-Jacquard), et parrainée par la direction du Syndicat général des vignerons (SGV). Cette solution se heurte cependant à une concurrence des autres maisons (Boisel-Chanoine, Marne-et-Champagne) parties en quête de raisin. Les gelées d'avril devraient réduire de moitié la vendange 2003, alors que la Champagne est arrivée au maximum de culture sous appellation. Le projet du SGV est donc contrebattu par les courtiers des autres maisons qui surenchérissent, chacun leur tour, pour s'assurer des contrats d'approvisionnement auprès des vignerons concernés par les problèmes du groupe Martin.