Abonné

Conseil Agriculture : les Vingt-sept se penchent sur la Pac et les marchés

- - 6 min

La réforme de la Pac et les difficultés conjoncturelles rencontrées par les agriculteurs (prix des carburants et des engrais, sécheresse…) seront les deux principaux sujets à l’ordre du jour de la réunion des ministres de l’Agriculture de l’UE, les 28 et 29 septembre à Bruxelles.

- Pac : dernier échange avant de conclure

Les ministres de l’Agriculture de l’UE auront, lors de leur réunion des 28 et 29 octobre à Bruxelles l’occasion de faire un dernier tour de table sur la proposition de réforme de la Pac. Parmi les sujets qui devraient être abordés : la conditionnalité sociale, les paiements aux petits agriculteurs, le kit de démarrage pour les jeunes agriculteurs ou encore les flexibilités pour les actions de transition. Ensuite, les experts nationaux se réuniront en groupe de travail les 30 septembre et 1er octobre, avec l’objectif de boucler les travaux techniques afin que seuls les derniers points politiques restent à discuter par les Vingt-sept d’abord en comité spécial Agriculture (CSA) puis par les ministres les 26 et 27 octobre à Luxembourg où une approche générale partielle devrait être finalisée.

Lire aussi : Pac : les discussions sur de bons rails

La Roumanie avec le soutien de la Bulgarie, de Chypre, de la Hongrie, de la Pologne, de la Roumanie et de la Slovaquie demandera, à l’occasion, que l’aide nationale transitoire accordée aux États membres entrés dans l’UE à partir de 2004 demeure en place alors qu’elle est censée expirer. Cet instrument est « essentiel et ciblé pour maintenir l’activité agricole et préserver la capacité de production des secteurs à forte intensité de main-d’œuvre et structurellement vulnérables comme l’élevage », justifient ces délégations.

Alors que les discussions techniques au Conseil de l’UE concernant la révision du règlement OCM avancent en vue de parvenir à des orientations politiques, plusieurs sujets sensibles restent en suspens. Parmi eux figure la question des programmes sectoriels, notamment dans le secteur des fruits et légumes. Un dossier que devrait soulever la Belgique sous divers. Elle devrait notamment saisir l’occasion pour appeler à préserver l’OCM Fruits et légumes après 2027. « Nous devons préserver la forte approche sectorielle à l’échelle de l’UE qui a contribué au succès du secteur des fruits et légumes dans plusieurs États membres, dont la Belgique », indique le pays dans son document préparatoire. Et d’ajouter qu’il est nécessaire de « favoriser la coopération au sein de la chaîne d’approvisionnement et renforcer le pouvoir de négociation des agriculteurs et producteurs », via notamment des organisations de producteurs.

Par ailleurs, la Croatie devrait présenter les résultats de la réunion des ministres de l’Agriculture et de la Démographie des pays du MED9 (neuf États membres méditerranéens) qui s’est déroulée à Zadar (Croatie) du 5 au 7 juillet. Celle-ci avait pour thème le renouvellement générationnel en agriculture.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Conseil de l'UE
Suivi
Suivre

- Engrais : trois mois plus tard

Au déjeuner, les ministres auront un débat sur le plan d’action sur les engrais que la Commission européenne avait lancé en urgence au mois de mai suite au blocage du détroit d’Ormuz. Ce plan prévoyait notamment des ajustements ciblés de la Pac permettant aux États membres d’apporter des soutiens supplémentaires aux agriculteurs ainsi qu’une aide d’urgence de 540 millions d'euros dans le cadre de la réserve agricole. Mais depuis, de nombreux États membres ont été confrontés à des épisodes de sécheresse durant l’été et les prix des carburants sont repartis à la hausse. Le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, avait d’ailleurs indiqué en marge de la réunion du Conseil Agriculture informel à Dublin au début du mois de septembre que ce plan de soutien pourrait bénéficier plus largement aux secteurs affectés par la sécheresse.

Lire aussi : Sécheresse : faute de moyens, Bruxelles renvoie la balle aux États membres

- Marchés agricoles : Ukraine et sécheresse

Les Vingt-sept auront également leur traditionnelle discussion sur la situation des marchés agricoles, la première sous présidence irlandaise. Ils devraient brosser un large éventail des défis auxquels le secteur agricole de l’UE est actuellement confronté, en particulier à la suite de la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine. En présence du ministre ukrainien de la Politique agraire et de l’Alimentation, Taras Vysotskyi, la question du blocage du trafic maritime en mer Noire devrait être abordée. En effet, l’Ukraine, qui exporte principalement par voie maritime, pourrait rapidement manquer de capacités de stockage pour des produits tels que les céréales si elle ne parvient pas à reprendre ses exportations à un rythme plus soutenu. Par ailleurs, la baisse des prix à la production ainsi que la hausse des coûts des intrants (blocage dans le détroit d’Ormuz, mise en œuvre du MACF) devraient figurer également parmi les sujets de la discussion.

Enfin, les conséquences des vagues de chaleur, des sécheresses et des incendies de forêt, qui ont affecté la production agricole dans de nombreux États membres en Europe de l’Ouest et centrale, seront évoquées. Trois délégations ont préparé pour l’occasion des points divers sur la question. L’Autriche en profitera pour rappeler que, dans ce contexte, la Pac « ne doit pas être affaiblie » mais au contraire être « dotée d’un financement fiable, capable de stabiliser les revenus, d’amortir l’impact des crises, de garantir la sécurité alimentaire de l’UE et, simultanément, de renforcer l’adaptation au changement climatique ». La Slovaquie proposera, elle, à la Commission européenne d’augmenter de manière « substantielle les ressources financières de la réserve agricole » pour garantir « un soutien ciblé et en temps utile aux agriculteurs ». Enfin, la Croatie plaidera pour « une aide financière exceptionnelle en mobilisant tous les fonds disponibles, au sein comme en dehors de la Pac » ainsi que pour une « approche stratégique et à long terme de la lutte contre la sécheresse » avec un « régime spécifique pour les régions exposées à des sécheresses fréquentes et sévères ».

AG, FM