L’agroalimentaire, qui a été le théâtre des plus grandes manœuvres ces dernières décennies, a maintenant passablement disparu des « unes » de la presse financière. C’est le moment – sans doute propice – qu’a choisi sa branche coopérative pour rattraper le temps perdu et faire émerger coup sur coup plusieurs acteurs vraiment de poids. Il était temps, dira-t-on. Sans doute fallait-il plus de délais qu’ailleurs pour secouer les habitudes, changer de culture et parfois même de génération. Des pages se tournent presque toutes en même temps : c’est chez Sodiaal le départ du président Budin juste au moment où la reprise d’Entremont semble acquise. Dans l’Ouest, la course à la taille critique se poursuit puisque un an après la naissance de Laïta, le rang de numéro 2 de la coopération laitière (derrière Sodiaal) est en passe de lui être ravi par le groupe qui va naître du rapprochement entre Eurial et le Glac. Et dans le paysage breton, rien n’arrête le changement car on ne verra plus fleurir les logos de Coopagri, d’Eolys et de la Cam, mais la nouvelle raison sociale d’une coopérative unique, Triskalia.
Le message maintes fois répété par Philippe Mangin, le président de Coop de France, aurait-il été enfin entendu ? Ce qu’avait bâti pas à pas la Coopération dans les grandes filières végétales – les Champagne Céréales, Limagrain, Tereos et tous leurs développements aval – est peut-être en train de se faire, et à un rythme accéléré, dans l’agrofourniture et les productions animales : les rapports de force changent donc dans le porc et le lait, un peu moins il est vrai dans le bœuf et la volaille. Reste le vin, qui pour l’heure détonne avec l’échec de Chamarré que soutenaient pourtant les coopératives viticoles.

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