Officialisé en juin dernier, le rapprochement entre Cooperl et Arca va tout de même avoir lieu… sans Terrena. L’ensemble, qui devait devenir le premier groupe français en production porcine avec 6,4 millions de porcs produits par an, soit le quart de la production française, et 5 millions transformés, en sera toutefois amoindri.
Adhérente d’Arca depuis une dizaine d’années, Terrena a préféré un autre partenaire que la Cooperl. En cause : un désaccord sur la place de Terrena dans la nouvelle entité qui devait être créée. « Nous étions tout à fait favorable à l’émergence d’un leader dans le porc, mais nous avions des divergences sur l’organisation et la place que Terrena devait prendre dans ce projet », explique Hubert Garaud, président de Terrena. La coopérative nantaise, très attachée à son ancrage territorial, ne voyait pas d’un bon œil « l’obligation des producteurs de porcs de Terrena de devoir adhérer à la future coopérative en direct, sans lien avec Terrena ».
Les adhérents d’Arca et de la Cooperl devaient voter les 3 et 4 septembre en assemblée générale extraordinaire, pour entériner ce projet de fusion. Hormis un coup de théâtre donc, la nouvelle coopérative Cooperl Arcatlantique devrait être officialisée aujourd’hui et les détails de cette fusion annoncés. Mais elle perdra probablement du poids par rapport au projet initial. La nouvelle entité devrait néanmoins se positionner en leader français de la production porcine. Emmanuel Commault, directeur général de la Cooperl, avait précisé en juin dernier qu’un regroupement entre les deux coopératives bretonnes permettrait d’économiser entre 5 et 10 millions d’euros par an.
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Lancée par les trois groupes Gad, Prestor et Cecab en 2007, qui revendiquaient 2,2 millions de porcs produits par an, la restructuration de la filière porcine française se poursuit faisant émerger désormais quatre acteurs majeurs du secteur dans le Grand Ouest, y compris la récente alliance de Bigard et de Socopa. « Ces mouvements font émerger en France des groupes de taille importante et les remettent dans la course européenne. Il n’est pas obligatoirement question d’atteindre le niveau de Smithfield avec 20 millions de porcs, mais les entreprises françaises tendent vers une taille leur permettant de se repositionner en Europe », indique Michel Rieu, ajoutant : « Avec des volumes plus importants, les économies d’échelle vont pouvoir se réaliser, l’innovation sera probablement plus facile. Elles auront une approche plus rationnelle des marchés ». La question de leur place dans les échanges internationaux reste néanmoins entière, les nouveaux groupes n’ayant pas précisé leurs intentions dans ce domaine.