L'interprofession du cognac, qui voit ses ventes reculer depuis 2021 sur fond de tensions géopolitiques, a annoncé le 30 avril le lancement d'un vaste plan d'arrachage « temporaire » de son vignoble, visant à préserver les rendements plafonds. Le dispositif, finançable « en intégralité » par la filière via des prêts bancaires, prévoit une aide de 4 500 €/ha, dont 3 000 € versés la première année et le solde au bout de cinq ans. À cette échéance, le viticulteur aura le droit de replanter en appellation cognac ou pourra bénéficier d'une surprime de 1 500 €/ha si l'arrachage devient définitif, a détaillé le BNIC. L'objectif est de supprimer « 12 000 à 13 000 ha sur plusieurs années », soit près de 15 % des surfaces de l'appellation. L'annonce intervient alors qu'un plan national d'arrachage définitif, cofinancé par l'État, n'a guère séduit dans le vignoble : il doit perdre moins de 600 ha dans ce cadre d'ici à la fin 2026, bien en-deçà des attentes de l'interprofession.
Le cognac voit ses ventes baisser depuis cinq ans, avec une chute de 20 % en volume au second semestre 2025 par rapport 2024. Elles ont été plombées par une augmentation des droits de douane américains, une surtaxe chinoise et la baisse générale de la consommation d'alcool. « La situation ne s'est pas améliorée. Je dirais même qu'elle s'est légèrement aggravée avec ce qui arrive dans le Golfe, avec tous les effets collatéraux qu'il peut y avoir. À moyen terme, on ne voit pas d'éclaircie », a déclaré le président Florent Morillon. La filière réclame une aide de l'UE pour soutenir son plan, en guise de « réparation » des dommages causés par la bataille commerciale qui a opposé Bruxelles et Pékin. Le BNIC estime à 500 M€ « le préjudice » lié à ces tensions et va relancer, lors « de discussions officielles la semaine prochaine » à Bruxelles, sa demande d'aide de « 30 à 40 M€ », brandie depuis octobre.
JCD