Beaucoup de bruit pour rien? Oui, s’il s’avère que dans trois mois, voire dans trois ans, Danone est toujours français et indépendant. Mais le psychodrame de la dernière quinzaine – dont certains se demandent s’il n’a pas été téléguidé par les dirigeants du groupe – pourrait être d’une grande utilité. « Psychologiquement », le groupe est devenu moins « opéable » qu’avant, la fièvre boursière l’a rendu plus coûteux à acquérir, la mobilisation qui s’est produite conforte son modèle stratégique et resserre les rangs en interne autour de son management. Franck Riboud a vu les syndicats et les politiques de tout bord soutenir, en paroles du moins, une entreprise facilement contestée en d’autres temps. Mais les actes suivraient-ils s’il le fallait ? Cela est beaucoup moins sûr, la lutte syndicale étant ce qu’elle est et l’interventionnisme d’Etat n’étant plus de saison. L’épisode aura du bon s’il est remédié à la dispersion de l’actionnariat de Danone via des organismes comme la Caisse des dépôts, le Crédit agricole ou d’autres… Et surtout s’il remet à l’honneur les idées de fonds de pension nationaux et de participation des salariés. Mais il y a mieux encore à faire : un consensus – hautement politique celui-là – reste à trouver, à Paris comme à Bruxelles sur ce qui est stratégique et ce qui ne l’est pas pour notre compétitivité, nos emplois, pour la cohésion sociale et le maintien de notre mode de vie. L’alimentation est-elle dans ce périmètre ? c’est à voir. Tant que la première industrie française n’a pas officiellement ce statut, la première entreprise de ce secteur pourra fort bien nous échapper…
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