Installé au cœur de l'écosystème rhônalpin dédié aux filières alimentaires, l'incubateur Agrapole / Isara Lyon accueille 80 % de projets en lien direct avec des problématiques liées à l'agroalimentaire. Le nouvel axe de développement stratégique 2015-2020 de l'école d'ingénieurs lyonnaise entend faire monter en puissance ce dispositif qui accompagne les entrepreneurs de demain. Jérôme Zlatoff dévoile les contours du nouvel incubateur.
L'incubateur Agrapole / Isara Lyon a été créé en 2008. Quel bilan tirez-vous de ces dernières années ?
Tout d'abord, rappelons que l'incubateur est né de la volonté de l'ensemble des partenaires présents au sein d'Agrapole à Lyon pour accompagner des porteurs de projets innovants à passer d'une idée à une entreprise viable. Les thématiques sont forcément liées aux compétences d'Agrapole : l'environnement, l'agricul-ture, l'agronomie, l'agroalimentaire ou encore l'écologie. Depuis sept ans, 26 projets ont été ou sont en cours d'accompagnement. 80 % traitent de sujets liés à l'agroalimentaire. Seize entreprises ont été créées, six projets sont toujours en soutien et quatre n'ont pas abouti.
Quel est le profil de ces porteurs de projet ?
La moyenne d'âge est de 35 ans. Certains exercent déjà dans le secteur de l'agroalimentaire. D'autres sortent de l'Isara. Ils sont en majorité Rhônalpins. Grâce à une bonne coopération entre tous les acteurs lyonnais de l'entrepreneuriat, les porteurs de projet dans les secteurs évoqués sont automatiquement redirigés vers notre incubateur afin qu'ils puissent bénéficier de l'appui des experts de l'Agra-pole et des moyens techniques mis à disposition comme la halle technologique de 600 m2. Cet équipement permet de produire des prototypes et des preuves de concept qui valident les idées.
Quelles sont les nouveautés pour cette rentrée 2015 ?
Sur la période 2015-2020, l'axe stratégique de l'école porte sur l'entrepreneuriat afin d'encourager les initiatives des étudiants. Depuis 2008, nous avons constaté que l'esprit d'entreprendre prenait de l'ampleur. L'incubateur reçoit une vingtaine de dossiers par an et sélectionne cinq à six nouveaux projets. Le potentiel est là. D'ici à 2020, nous comptons passer de cinq à dix nouveaux projets hébergés chaque année, en grande partie issus des programmes liés à l'entrepreneuriat de l'Isara Lyon. En 4e et 5e année, les 25 étudiants choisissant la spécialisation Marchés, filières et management de l'entreprise sur les 180 que compte le cursus, s'intéressent de plus en plus à l'entrepreneuriat et voudraient concrétiser leurs projets d'étude. L'objectif est de les aider à aller jusqu'à la création d'entreprise en les hébergeant deux à trois ans pour valider la faisabilité technique, le marché et le business plan.
Quels moyens allez-vous mettre en place pour faire monter l'incubateur en puissance ?
Nous allons déjà le doter de locaux plus spacieux. D'ici à la fin de l'année 2015, 150 m2, au sein d'Agrapole à Lyon Gerland, seront dédiés à l'incubateur avec trois bureaux pour accueillir les équipes de porteurs de projet. Le lieu vise aussi à créer du lien entre incubés et à favoriser l'échange de bonnes pratiques. Nous travaillons aussi sur la création d'une phase II, une sorte de pépinière dotée de moyens techniques plus importants pour continuer de soutenir les entreprises créées après leur passage dans l'incubateur. Aujourd'hui, les porteurs de projet disposent de la halle technologique interne (lire ci-contre) qui permet de sortir des prototypes jusqu'à une centaine d'unités. L'idée est de créer un second outil de production qui pourrait aller jusqu'à 1 000 unités, une échelle intermédiaire entre la halle et la phase de sous-traitance. Ces moyens techniques pourraient voir le jour à partir de 2018.
Quelles sont les grandes tendances des projets accompagnés par l'incubateur ?
La transition protéique intéresse fortement les étudiants de l'école et d'une manière générale les porteurs de projet qui souhaitent intégrer l'incubateur. La planète terre comptera quelque 10 milliards d'humains d'ici à 2050 et les ressources en protéines animales seront insuffisantes pour nourrir la planète. Les entrepreneurs de demain planchent sur de nouveaux aliments à base de protéines végétales en travaillant sur des concepts abandonnés et utilisés autrefois par nos ancêtres. Ou sur des recettes à base d'insectes… Même dans l'agroalimentaire, l'environnement est une composante essentielle des projets proposés à l'incubateur.