Chacun guette aux Etats-Unis ou en Chine les signes avant-coureurs de la sortie de crise et les marchés boursiers n’hésitent plus à l’anticiper. Pourtant personne n’est d’accord sur sa date la plus probable. Elle devient même un horizon glissant surtout quand le chiffrage planétaire des crédits toxiques ne cesse d’être révisé à la hausse et quand on mesure l’importance de la récession et des destructions d’emplois à venir, à quoi il faut ajouter pour faire bonne mesure une pincée de fièvre « mexicaine » (ne surtout plus dire « porcine » !).

Alors qui croire ? Les industriels français de l’agroalimentaire ressentent sans doute ce dilemme : ils ont a priori de quoi résister aux sirènes du pessimisme, vu les résultats que vient d’afficher le président de l’ANIA. Jusqu’ici ils ont accru leurs investissements et maintenu leurs effectifs, et si leurs ventes ont un peu baissé en volume, les chiffres d’affaires ont été gonflés par les hausses de matières premières. Il n’y a guère d’autre secteur industriel pour s’en tirer ainsi et Jean-René Buisson y voit la preuve que celui-ci

« demeure une valeur sûre, non cyclique, qui mérite le soutien des pouvoirs publics et de la place financière ». Mais sans cacher que 2009 restera au ralenti, avec des marges en baisse étant donné les sacrifices faits aux dernières négociations commerciales, et avec une rechute très probable des investissements. En revanche l’agroalimentaire continuera d’offrir des emplois dont une part reste difficile à pourvoir tant qu’il n’aura pas redoré son image auprès des jeunes.