Il ne reste plus qu’une dizaine de jours pour conclure les négociations annuelles. Les contrats passés entre industriels et distributeurs doivent, selon la loi, être signés pour le 1 er mars...encore qu’une certaine souplesse soit habituellement de mise. A tous ceux (et Christine Lagarde, en premier) qui en attendent, du fait de la LME, des baisses de prix et qui arguent en outre de la détente de certains cours agricoles, les deux partenaires pris globalement sont bien gênés pour donner satisfaction. Sans doute la baisse des matières premières ramène « en moyenne à 2 % » les hausses tarifaires des industriels, assure le président de l’Ania, « au lieu des 5 % envisagés encore en novembre dernier ». Une façon de récuser le chiffre de 8 à 10 % dont a fait état pour s’en offusquer, Michel-Edouard Leclerc. Une telle fourchette aurait été de mise si l’on avait eu les mêmes tensions sur les prix agricoles que l’an dernier et « cela aurait été un clash absolu », reconnaît Jean-René Buisson. En fait, la répercussion à la baisse sera d’autant moins rapide que chaque utilisateur de denrée agricole a besoin de se couvrir contre une volatilité qui n’avait guère de précédent chez nous. De plus, l’Ania soutient que les industriels n’avaient répercuté l’année dernière qu’un quart des hausses subies en amont. Sans chercher pour autant à rattraper leurs pertes de 2008, ils ne veulent pas reperdre de l’argent cette année. Sous-entendu, si les distributeurs prennent sur leurs marges, on aura peut-être une certaine stabilité des prix en magasin. Deux autres facteurs devraient jouer en ce se sens, l’atonie de la demande et la concurrence renforcée entre enseignes que promet la nouvelle politique d’urbanisme commercial.