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Elliott, un actionnaire difficile à satisfaire

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Même s’il reconnaît que "l’annonce des résultats semestriels de Pernod Ricard a confirmé le fort potentiel de croissance et la solide performance financière de la société", le fonds activiste Elliott du financier Paul Singer reste critique. Ceci reflète "un premier petit pas dans la résolution des problèmes d’efficacité opérationnelle de la société, mais cela manque un peu d’ambition", a-t-il ainsi déclaré. Et cet actionnaire exigeant, avec à peine plus de 2,5 % du capital du groupe, explique pourquoi. En effet, selon Elliott, "l’objectif d’économies de 100 millions d’euros et l’augmentation de la marge de 50 à 60 points de base par an sur la période allant des exercices 19 à 21 représentent des objectifs modestes pour une entreprise affichant un Ebit de 2,5 milliards d’euros et une marge d’Ebit inférieure de près de 5 points de pourcentage par rapport à son homologue le plus proche". Et de reprocher également à Pernod Ricard "un manque de clarté et de spécificité" des étapes proposées, estimant que "l’objectif d’amélioration de la marge de 50 à 60 points de base semble être presque entièrement motivé par les “économies supplémentaires” de 100 millions d’euros, plutôt que par le “levier opérationnel” réel, comme semble le suggérer Pernod". En outre, les améliorations nécessaires au conseil d’administration et à la gouvernance d’entreprise de la société n’ont pas encore été apportées. Elliott termine son communiqué en espérant que la direction de Pernod poursuive un dialogue mutuel constructif "afin d’apporter les améliorations supplémentaires indispensables".

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Autant dire que le fonds activiste, connu pour ne pas lâcher sa proie quand il en tient une, semble déterminé à aller jusqu’au bout de sa démarche visant à rentabiliser son investissement rapidement. De son côté, Alexandre Ricard "a pris bonne note du communiqué de presse d’Elliott". Lors de la présentation des comptes semestriels, ce dernier avait bien confirmé sa rencontre avec le fonds depuis son entrée au capital et être "en faveur d’un dialogue permanent avec Elliott, comme avec nos autres actionnaires". Loin de se laisser démonter par les reproches de l’activiste, le groupe a répété que ses résultats « prouvent une nouvelle fois l’efficacité de notre stratégie et sa capacité à délivrer une croissance durable et profitable pour toutes nos parties prenantes" et qu’il restait concentré sur l’exécution de son plan stratégique à 3 ans.

Quant à l’économiste Alain Minc, conseil d’Elliott il a déclaré sur BFM que "tous les actionnaires de Pernod Ricard sont en train de profiter de l’entrée d’Elliott comme activiste. Il faut regarder ça comme un poil à gratter dans le système capitaliste". C’est en effet une façon de voir les choses.