Le groupe a rassuré les marchés en annonçant une nouvelle étape de son plan de désendettement dont l’objectif 2018 devrait être dépassé. Les ventes trimestrielles sont en baisse, mais dans des proportions légèrement inférieures à celles prévues par les analystes.
Casino a annoncé le 18 octobre la signature d’une promesse de vente des murs de 14 Monoprix à AG2R La Mondiale. « Après déduction des droits d'enregistrement, la transaction s'élève à 180 millions d’euros pour un loyer annuel de 8,6 millions d’euros. Les produits de cession seront encaissés au plus tard en janvier 2019 », précise Casino.
Cette cession est à replacer dans le plan de désendettement du groupe Casino, qui multiplie ces derniers temps les cessions d’actifs. Début octobre, il a déjà cédé les murs de 55 Monoprix, puis 24% de sa filiale spécialisée dans l’énergie solaire Green Yellow, et 15% de la foncière Mercialys. Une vingtaine d’hypermarchés Casino devraient aussi être vendus prochainement. Résultat : le groupe atteint son objectif de réduire sa dette nette d'un milliard d'euros en France, à 2,7 milliards d'euros, d'ici la fin de l'année. Il sera sans doute « dépassé », a estimé Antoine Giscard d'Estaing, directeur financier du groupe Casino, à l’occasion de la publication des résultats du 3e trimestre.
Remontée de l'action Casino
Ces annonces ont permis à l’action Casino à la Bourse de Paris de se reprendre. Début septembre, l'action était tombée au plus bas depuis plus de vingt ans, autour de 25 euros notamment après l'abaissement de sa note par l'agence S&P. Le groupe avait alors tenté de rassurer sur son endettement en mettant en avant son plan de cession d'actifs. Le titre a depuis effectué une spectaculaire remontée (+60%), au-dessus des 40 euros, seuil au-dessus duquel il se maintient depuis le 16 octobre.
Autre nouvelle censée rassurer les marchés, la publication du chiffre d’affaires du 3e trimestre. Certes, celui-ci est en baisse, mais légèrement supérieur aux prévisions des analystes de Bloomberg et Factset, qui tablaient sur des ventes comprises entre 8,905 et 8,912 milliards d'euros. Or, Casino affiche une baisse de 2,4% à 8,922 milliards d'euros. En données organiques, le distributeur affiche une croissance de 5,4% au total, précise-t-il dans un communiqué, avec une activité particulièrement dynamique en France (+2%), qui compte pour la moitié du chiffre d'affaires total, ainsi qu'en Amérique latine (+10,4%).
Les ventes en France bien orientées
« C'est un très bon trimestre », a affirmé Antoine Giscard d'Estaing, le directeur financier du groupe lors d'une conférence téléphonique, soulignant que cette performance était la « continuation, depuis plusieurs trimestres, du travail de repositionnement des enseignes et de l'adaptation aux attentes des consommateurs ». Cet été, les magasins de proximité du groupe ont ainsi réalisé de bons chiffres dans les zones touristiques, a-t-il ajouté, soulignant que le groupe faisait « mieux que le marché ».
La France enregistre ainsi sa meilleure performance, en comparable, depuis le troisième trimestre 2015, et en organique, depuis le premier trimestre 2016, a détaillé Antoine Giscard d'Estaing. Dans l'Hexagone, tous les formats enregistrent des performances positives, avec des enseignes urbaines et de proximité qui tirent la croissance vers le haut : Monoprix en tête (+3,3%) puis Franprix (+2,7%). Seul Leader Price, en plein déploiement de son nouveau concept Next, est en repli (-1,2%). Quant à Cdiscount, malgré de « très bons indicateurs commerciaux » et un « changement de stratégie » depuis plusieurs trimestres, il affiche également des ventes à la baisse (-3,1%).
Rallye accusé de manupulation des comptes
Sophie Vermeille, une avocate spécialisée dans le droit des affaires, affirme que « les commissaires aux comptes de la société Rallye (maison-mère de Casino, ndlr) ont, sans discontinuer, validé une valorisation des actions Casino dans les comptes sociaux de Rallye à un prix de 80,3 euros par action (alors que le cours de bourse est autour de 39 euros à ce jour) », selon un courrier au Haut Conseil du Commissariat aux Comptes (H3C), relayé le 18 octobre par le magazine Challenges sur son site internet. Selon elle, « les critères de la méthode de valorisation ont été sciemment modifiés dans le temps, dans le seul but de maintenir virtuellement toutes les lignes de crédit » auxquelles a accès Rallye. Dans un communiqué publié sur son site internet le même jour, Rallye « réfute fermement les allégations » de Me Vermeille, qu'il décrit comme un « conseil de fonds spéculatifs ». Rallye a saisi l'Autorité des marchés financiers (AMF) et « donné l'instruction à ses avocats d'engager les procédures adéquates ».