Le président de la République au Salon de l’agriculture
Le président de la République a fait une journée d’endurance au Salon de l’agriculture le jour de l’ouverture, samedi 24 février. Contrairement à ses prédécesseurs, il n’a pas commencé la journée par la traite, mais par un petit-déjeuner avec les responsables agricoles. « Je sais l’importance qu’a notre agriculture, je sais les attentes, les angoisses et la souffrance sur le terrain. Je suis convaincu qu’il y a un avenir certain pour notre agriculture mais il est à inventer ensemble, il y a des décisions difficiles à prendre dans certains secteurs, il y a beaucoup de choses à faire », a-t-il déclaré à l’orée de cette réunion.
Emmanuel Macron veut créer une DSV et une DGCCRF au niveau européen
Le président de le République a expliqué aux responsables qui l’interpellaient sur le dossier Mercosur, que « l’agriculture française est gagnante dans l’ouverture des frontières, il faut le rappeler ». Il a aussi rappelé que 180 000 tonnes de viande bovine du Mercosur entrent déjà dans l’UE et qu’il allait faire en sorte que, dans le cadre de l’accord du Mercosur, il n’y aurait pas de viande qui rentrerait dans l’UE ne répondant pas aux critères sanitaires européens. « Comment allez-vous faire ? », lui demande un agriculteur. « Aujourd’hui, l’Europe ne contrôle pas suffisamment à ses frontières car on n’a pas une vraie DGCCRF au niveau européen. Je veux créer une DSV (direction des services vétérinaires, ndrl) et une DGCCRF européennes », a-t-il expliqué.
Accord UE-Mercosur : Emmanuel Macron négocie une clause de sauvegarde, selon les professionnels
Plusieurs professionnels présents lors du petit-déjeuner avec le président de la République, le 24 février au Salon de l’agriculture, rapportent qu’Emmanuel Macron a annoncé que la France négociait actuellement à Bruxelles que l’accord de libre-échange UE-Mercosur soit assorti d’une clause de sauvegarde s’il était signé. Cette clause, qui existe également dans le Ceta, serait activée dans le cas où un secteur économique, comme la viande bovine, serait fortement perturbé par les importations liées à cet accord. Le président de la Fédération nationale bovine (FNB) Bruno Dufayet est dubitatif, estimant que les clauses de sauvegarde sont souvent difficiles à déclencher.
Filière laitière : « Le projet de loi est trop light », selon Thierry Roquefeuil (Cniel)
Le président de la République est passé sur le stand de l’interprofession laitière le 24 février. Il a été surtout question de la juste rémunération des producteurs et du projet de loi issu des États généraux de l’alimentation. Thierry Roquefeuil, président du Cniel a fait part de son inquiétude car il considère que l’on s’éloigne de l’esprit de Rungis, c’est-à-dire un retour de la valeur aux producteurs. « Si dans le projet de loi, on s’en tient seulement aux relations commerciales entre la transformation et la distribution, ça ne marchera pas, a-t-il déclaré. Le projet de loi est trop light ». Il illustre ses propos par la contractualisation : « Dans le projet de loi, c’est le producteur qui propose un contrat avec une référence de prix, mais si la discussion n’aboutit pas, l’industriel peut arrêter la collecte, ce qui fragilise énormément le dispositif puisque l’éleveur n’a pas la choix ». Par ailleurs, Thierry Roquefeuil considère que l’article concernant les indicateurs de coûts de production et de prix de marché « est trop imprécis ». Selon lui, il faut que la DGCCRF et le droit de la concurrence européen indiquent clairement jusqu’où les interprofessions peuvent intervenir.
Trois marques bretonnes créent un label « sans pesticides, 100 % nature »
Les trois grands producteurs bretons de fruits et légumes, Savéol, Prince de Bretagne et Solarenn ont annoncé dans une conférence de presse lundi 26 février, la création d’un label « sans pesticides, 100 % nature » d’ici 2019. « Nous sommes en train d’établir un cahier des charges commun afin d’ouvrir un label régional mettant en avant les bonnes pratiques de la production bretonne », a précisé Pierre-Yves Jestin, président de la coopérative Savéol. Le label vise dans un premier temps à représenter en 2019 près de « 40 à 50 % des 200 000 tonnes de la production bretonne de tomates ». « Notre intention est d’étendre cette démarche à d’autres productions de fruits et légumes, à partir d’un cahier des charges commun, dès 2019 », a précisé Savéol. À la différence du label « Zéro résidu de pesticide » créé début février, ce nouveau signe distinctif porte, non pas l’engagement d’une absence de résidu, mais « d’une absence d’utilisation de pesticides de synthèse sur les tomates », explique Arnaud Letac, responsable qualité de Solarenn. Le label prendra la forme d’un logo apposé sur les emballages des trois marques.
Néonicotinoïdes : un rapport sur la santé humaine attendu d’ici le 2 mars
L’Anses a annoncé la publication d’ici le 2 mars d’un rapport sur les néonicotinoïdes et la santé humaine, lors d’une conférence de presse, le 26 février. Par ailleurs, un rapport d’étape sur les alternatives à ces insecticides doit aussi être publié d’ici le 2 mars. Le rapport final est, lui, attendu « probablement en mai », explique Roger Genet, directeur de l’Anses. Pour rappel, la loi biodiversité (article 125) prévoit l’interdiction des néonicotinoïdes à compter de septembre 2018 avec des dérogations possibles jusqu’au 1er juillet 2020. La loi précise que les dérogations seront accordées « par arrêté conjoint des ministres chargés de l’Agriculture, de l’Environnement et de la Santé ». Le rapport de l’Anses sur les alternatives devrait servir de « base à d’éventuelles dérogations », précise Roger Genet.
Porc : Fleury Michon crée une co-entreprise avec Vallégrain pour développer la bio
Pour répondre à la pénurie de porc bio français, Fleury Michon a annoncé, le 26 février, la création avec l’abatteur Vallégrain, spécialiste des filières qualité (Label Rouge, Bleu Blanc Cœur), d’une société de développement de la production de porc bio. Fleury Michon était déjà actionnaire de Vallégrain à hauteur de 19 %. La nouvelle société fournira des services de conseil aux agriculteurs qui souhaitent se convertir, et de recherche et développement. "Elle ne vient pas remplacer le travail des groupements et des coopératives", indique Fleury Michon. Moins de 5 % des volumes de porc bio achetés par le salaisonnier vendéen viennent de France. "Nous prenons ce que l’on nous propose", assure Fleury Michon.
Les coopératives Cap Seine et Interface Céréales projettent une fusion
Cap Seine et Interface céréales engagent un projet de fusion qui sera proposé à leurs adhérents « au plus tard en décembre 2018 », ont annoncé le 23 février les deux coopératives. Le nouveau groupe permettra aux adhérents de « bénéficier des activités de transformation et des débouchés de productions diversifiées de Cap Seine ainsi que du savoir-faire export et des installations portuaires d’Interface Céréales », souligne un communiqué. Présenté comme le leader national de la pomme de terre 1ère gamme et des légumes 5e gamme, il pèsera 1,2 Mrd€ de chiffre d’affaires, avec aussi 2,4 Mt de collecte de grain, 1,4 Mt de capacités de stockage de grain, dont près de 200 000 t en portuaire.
Vin et santé : la profession associée à la construction d’une politique de prévention
Après les propos de la ministre de la Santé Agnès Buzyn le 7 février sur le vin toxique même à dose modérée, « l’incident médiatique est clos, place au travail », a indiqué le président de la filière viticole Jérôme Despey le 26 février au Salon de l'agriculture. « Après notre rencontre de 40 minutes avec le président de la République le samedi 24, nous allons travailler sur des axes qui permettent d’éviter la stigmatisation du vin dès le premier verre ». La filière rencontrera les ministères de l’Agriculture et de la Santé le mardi 6 mars, a-t-il annoncé. Parallèlement, à Bruxelles, les filières du vin, des spiritueux, du cidre et de la bière terminent leurs propositions, demandées il y a un an par la Commission, sur l’étiquetage nutritionnel des boissons alcoolisées, a indiqué par ailleurs Jean-Marie Barillère, président du Cniv (Comité des interprofessions viticoles).
Accord UE-Mercosur : le ministre de l’Agriculture wallon inquiet de la position de Paris
Au Salon de l’agriculture le 27 février, le ministre de l’Agriculture wallon René Collin a exprimé, à Agra Presse, ses craintes vis-à-vis de la position de la France sur l’accord UE-Mercosur. "Au nom de la défense de l’automobile et de ses AOP/IGP, je crains que la France ne soit plus laxiste sur la nécessité de protéger les éleveurs de bovins viande", s’inquiète René Collin. Le ministre wallon s’inquiète des effets cumulés des différents contingents qui pourraient être accordés dans le cadre d’accords signés ou en cours de négociation (Canada, Mercosur, Mexique, Océanie). Il demande des études plus approfondies sur l’effet de ces accords. Il est en revanche "plus rassuré" sur la volonté de la France à défendre un budget de la Pac fort : "Stéphane Travert m’a récemment affirmé que sa détermination était totale".
Projet de loi Egalim : la députée LREM Sandrine Le Feur veut aller plus loin sur l’étiquetage
À l’occasion d’un débat organisé au Salon de l’agriculture le 27 février par la Confédération paysanne, la deputé LREM Sandrine Le Feur a déclaré qu’elle souhaitait que le projet de loi issu des Egalim aille plus loin sur l’étiquetage des produits agricoles de base (fruits et légumes frais, viande par ex.). "Nous allons essayer de mettre quelque chose en place sur l’étiquetage du mode de production, ou l’origine des produits", précise-t-elle à Agra Presse. La députée s’intéresse notamment aux fruits et légumes dont elle trouve l’étiquetage "très opaque". Et de conclure : "Si un consommateur voit une tomate avec une liste de 20 produits appliqués, même s’il ne les connaît pas, le choix sera vite fait". Sandrine Le Feur est responsable de texte pour le projet de loi Egalim, dont l’examen en commission doit débuter en mars.
Légumineuses : lancement d’un concours d’innovation alimentaire
Terres Univia (interprofession des huiles et protéines végétales) a lancé le 27 février un concours d’innovation alimentaire. Ce concours nommé Prot’Eat, qui est ouvert aux start-up et TPE/PME, récompensera « une solution innovante pour apporter plus de protéines végétales ou de légumineuses dans l’alimentation de demain ». Les lauréats du concours, organisé en partenariat avec le Groupe d’étude et de promotion des protéines végétales (GEPV), bénéficieront d’un accompagnement de douze mois au sein du programme d’accélération ToasterLab (pôle de compétitivité Vitagora) pour réussir l’industrialisation et la mise en marché de leurs produits.
Occitanie : la région lance une concertation citoyenne pour son futur plan alimentation
La présidente de la région Occitanie, Carole Delga, a annoncé le 27 février lors du Salon de l’agriculture, le lancement d’une grande concertation (citoyens et professionnels des filières agricoles et alimentaires) en vue de l’élaboration d’un plan régional de l’alimentation. Le lancement officiel de la concertation est prévu le 23 mars et se terminera fin juin. À l’automne 2018, « une votation citoyenne permettra de compléter le plan régional de l’alimentation qui sera adopté d’ici début 2019 », précise la région. L’objectif du plan est de « permettre au plus grand nombre d’avoir accès à une alimentation de qualité, saine et équilibrée, à des prix acceptables et de structurer les filières économiques locales pour adapter la production à la demande régionale et assurer des prix rémunérateurs aux producteurs. »
Le Jambon de Bayonne cultive la différenciation face à la concurrence espagnole
Le consortium du Jambon de Bayonne, qui rassemble 980 éleveurs de porcs ainsi qu’une vingtaine d’usines d’abattage-découpe, de salaisons et de tranchage, développe un référentiel de pratiques de qualité pour se différencier de la concurrence espagnole, a indiqué son président Pierre Harambat, le 27 février. La filière est à la recherche d’un nouveau souffle : après un doublement de sa production de jambons en 20 ans, depuis l’obtention de son IGP en octobre 1998, « nous sommes à un palier ». Alors que sa production est passée de 650 000 jambons par an à 1,2 million en 20 ans, il estime encore possible de doubler ce volume, surtout si le consommateur reconnaît la différence de qualité. « Nous nous inscrivons pleinement dans l’esprit des États généraux, d’augmentation de la valeur », a résumé Pierre Harambat.