L’intention était louable mais l’enfer, comme on sait, en est pavé : en légiférant sur le sujet des allégations nutritionnelles et de santé, l’Union européenne a voulu protéger le consommateur et limiter les concurrences déloyales au sein du marché intérieur européen. Pour éviter que des produits nutritionnellement déséquilibrés puissent recourir à des allégations santé, il a été prévu la définition des fameux « profils nutritionnels » dans lesquels chaque produit doit se ranger pour savoir de quel côté de la ligne jaune il se situe et s’il pourra ou non vanter ses bienfaits pour la santé. Ce travail confié à l’AESA est source de difficultés et de demandes d’exemption de telle ou telle profession ; et étant donné le retard considérable qui a été pris, certains au Parlement européen ont même suggéré l’idée d’abandonner les profils plutôt que de voir le système s’enliser. La bagarre risque de durer, et bien sûr les organisations de consommateurs semblent bien décidées à les défendre coûte que coûte.
L’autre chantier qui a été imposé à l’Autorité européenne vise à écarter les allégations farfelues ou basées sur des approximations scientifiques non vérifiées. Sur ce plan, la liste positive à laquelle on est censé aboutir suscite là aussi trop de mécontentements. Tous les dossiers doivent être validés par l’AESA qui croule en réalité sous les demandes – plus de 4000 depuis 2006. Avec plus d’un an de retard, sur un millier d’avis rendus, les trois quarts ont été négatifs, au grand dam, on s’en doute des industriels. Ceux-ci dénoncent du coup l’opacité des méthodes d’évaluation scientifique et comptent bien les voir clarifiées au plus vite. La phase de rodage n’en a que trop duré.