La parenthèse de la Loi Galland aura duré dix ans. Elle vient à peine d’être refermée et chacun aimerait bien savoir ce que cela changera pour lui. Les distributeurs craignent de voir renaître le spectre de la guerre des prix entre enseignes. Les fabricants de marques nationales ne pavoisent pas vraiment, et les PME spécialisées dans la marque distributeur pas davantage parce qu’elles voient les premiers les imiter et se placer en partie sur leur propre terrain avec une puissance de feu qu’elles n’ont pas elles-mêmes.

Tous pourraient en tout cas méditer cette mise en garde que livre le dernier bulletin de l’Ilec sur la base d’une étude de l’institut IRI : les enseignes, mises à mal par la loi Dutreil, sont tentées de se replier sur leurs MDD qu’elles prennent pour une « valeur refuge », mais elles ne voient pas que cela devient, le plus souvent, contre-productif en terme de fréquentation de leurs magasins. Et en particulier dans les supermarchés qui, faute d’avoir un assortiment aussi large que les très grands hypers, ne peuvent développer l’offre de produits à marque propre sans nuire au référencement des marques de fabricants et à leur lisibilité au mètre de linéaire. Cette corrélation entre assortiment et fréquentation a été calculée de façon très fine par IRI au printemps dernier dans 2 674 magasins, montrant qu’il existe, même en hypermarchés, un point d’équilibre à ne pas dépasser pour garder du pouvoir d’attraction sur les consommateurs. Plaidoyer pro domo, dira-t-on, puisqu’il conforte les grands industriels de l’Ilec, mais qui ne peut quand même laisser indifférent un responsable de magasin.