Les rebondissements dans l'affaire Benalla ont quelque peu occulté l'actualité récente sur les États généraux de l'alimentation. Il n'en demeure pas moins que le sujet reste entier. Entier, parce qu'un an quasiment après le démarrage de ce vaste chantier visant à donner naissance à une nouvelle loi, permettant notamment de rééquilibrer les relations commerciales entre producteurs, transformateurs et distributeurs, beaucoup reste encore à faire.

Si de nombreux intervenants, pris dans l'élan de ce projet, se sont vraiment investis dans les différentes tables rondes afin de faire émerger des propositions nécessaires aux changements, l'examen du projet de loi à l'Assemblée nationale puis au Sénat dernièrement et surtout l'échec d'un accord en commission mixte paritaire, ont douché leurs espoirs. "Tout ça pour ça", se désolent ainsi certains industriels qui craignent de voir arriver les prochaines négociations commerciales sans changement sur le fond, si ce n'est que les grandes enseignes continuent de peaufiner leurs partenariats...

Le prochain rendez-vous est fixé au 4 septembre en séance publique à l'Assemblée. Ensuite, direction le Sénat qui pourrait adopter cette nouvelle version. Sinon, dans le cas contraire assez probable, retour à l'Assemblée qui aura le dernier mot.

Le gouvernement pousse à la roue pour que tout soit prêt début novembre, date du démarrage des négociations annuelles entre fournisseurs et distributeurs. Pourtant, cela reste pour l'heure assez difficile de croire que non seulement le texte sera voté, mais surtout que les décrets d'application seront rédigés dans les temps.

Qu'à cela ne tienne. Et comme a prévenu Richard Girardot, à peine intronisé à la tête de l'Ania début juillet : "Les négociations commerciales 2019 sont celles de la dernière chance". Un leitmotiv qui tient à la fois du vœu pieux et de l'incantation.