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ETIQUETAGE/SANTÉ Etiquetage nutritionnel : décision en suspens

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Quel sera le contenu du projet de loi santé en matière de prévention nutritionnelle ? Sur la question du logo, la question reste entière après la présentation des grandes orientations du projet de loi santé. Marisol Touraine a pris position en faveur d'un logo relatif à la qualité nutritionnelle, citant l'intérêt de nombreuses marques pour la démarche, que l'Ania récuse fermement.

MALGRÉ la résistance des industries agroalimentaires, un système de « logos » pourrait à l'avenir figurer sur les aliments pour lutter contre l'obésité, a indiqué le 19 juin la ministre de la Santé, Marisol Touraine. La couleur dépendrait de la qualité nutritionnelle du produit, pas toujours claire avec l'étiquetage actuel (pas uniformisé, petits caractères) et permettrait d'orienter les consommateurs. « Je suis en faveur d'un logo permettant de rendre compréhensible une information nécessaire sur la qualité nutritionnelle des produits alimentaires industriels », a déclaré Mme Touraine lors de la présentation des grandes lignes de la future « loi de santé » attendue pour début 2015. « De nombreuses marques m'ont fait part de leur intérêt pour une telle démarche. Il nous faut faire aboutir la réflexion sur ce qui serait le bon outil, le bon logo », a-t-elle précisé. Ces déclarations laissent supposer que les arbitrages sont loin d'être finis, et que la mesure pourrait bien ne pas voir le jour.

L'ANIA FERMEMENT OPPOSÉE À UN LOGO

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L'Ania, qui a immédiatement réagi par voie de communiqué, reconnaît « qu'il est nécessaire de mieux informer le consommateur sur son alimentation » et affirme vouloir travailler dans ce sens avec les pouvoirs publics. Mais elle a aussi, sans surprise, réitéré sa « ferme opposition à la mise en place de tout dispositif simpliste et partiel visant à discriminer les produits par une couleur ou une note ». Pour elle, un système de type échelle nutritionnelle ou pastille de couleurs stigmatiserait certains aliments et leurs consommateurs, et présente le défaut de ne pas prendre en compte la fréquence de consommation des produits. Citant les mesures prises dans le cadre du PNNS, l'Ania propose plutôt « d'améliorer et d'accroître les actions d'information et de prévention en direction des populations les plus vulnérables, en multipliant les initiatives ciblées de proximité ».

Les industries agroalimentaires privilégient le maintien du système existant, qui conjugue politique de prévention nutritionnelle via le PNNS et politique de l'alimentation via le PNA (plus récent, il a été lancé en 2010). Le PNA permet notamment à des filières de s'engager dans des chartes de progrès signées avec les pouvoirs publics, moins contraignantes en termes de nutrition que le PNNS (voir Agra alimentation du 12 juin 2014.)