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Compétitivité/Filière animale « Etre multi-métier est un atout de plus en plus important »

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Partie intégrante d’une « fédération de PME», la laiterie Le Gall est une PME qui tire son épingle du jeu dans un univers fait également de très grandes entreprises. Avec un chiffre d’affaires de 33 millions d’euros, elle compte 46 salariés. « Etre multi-métier est un atout de plus en plus important », affirme son DG Frédérick Bourget. Selon lui, « la libéralisation des quotas aura des incidences car « il faudra bien valoriser cette matière additionnelle ». Plus que jamais il faudra amplifier l’innovation et la notoriété de la marque.

Vous êtes sur un secteur qui va bientôt être libéralisé donnant lieu à une concurrence sans doute plus rude. Comment vous êtes vous préparé ?
Les choses ne vont pas changer sur ce marché en un claquement de doigt. Les tendances fondamentales restent les mêmes et la planète, la France en particulier, ne va pas voir le lait soudain déborder mais cette libéralisation aura néanmoins des incidences car il faudra bien valoriser cette matière additionnelle. Pour ce qui nous concerne, cela va surtout nous inciter à développer deux de nos axes forts : 1. la notoriété de la marque, car plus on a une marque forte et plus on a de lisibilité ; 2. l’innovation dans nos gammes. Il s’agit de répondre à la question : où sommes nous légitimes ? En produits bio, par exemple, que nous développons depuis les années quatre-vingt-dix, nous allons vers davantage de produits élaborés car c’est ce que demandent les consommateurs. Autre marché, celui des fromages : nous ne sommes pas légitimes pour les fromages affinés mais nous le sommes sur la crème fraîche, alors nous avons développé un fromage à la crème, en conventionnel et en bio.
 
Sur le plan industriel, ce tournant vous incite-t-il à accélérer vos investissements ?
Nous mettons en chantier des dossiers qui étaient peut-être en sommeil. Un exemple: l’investissement dans des machines de pliage d’emballage. Jusqu’à présent, le processus était manuel, donc avec un surcoût. Le marché est-il encore capable de l’absorber ? La concurrence accrue peut pousser à automatiser davantage. De fait, la libéralisation des quotas amène à se poser la question sur la rentabilité d’un certain nombre de processus et la nécessité de passer des caps. Il n’est pas question de changer ce qui fait l’ADN de nos marques et de notre savoir-faire mais de rester performant pour passer les turbulences.
 
Pour préserver la compétitivité de votre entreprise, faut-il absolument augmenter votre taille pour réaliser des économies d’échelle ?
La notion de taille est importante. Etre multi-métier est un atout de plus en plus important. C’est d’ailleurs pour cela que en rejoignant la Sill en 1998, nous sommes rentrés dans ce qui est une fédération de PME. Cela nous a permis de trouver des synergies concernant la logistique, la force de vente, le marketing, l’informatique, les ressources humaines et surtout la recherche-développement. Ceci dit, on ne se rapproche pas par nécessité immédiate mais parce qu’on a des intérêts communs. Et surtout, on peut travailler avec d’autres sans forcément que cela se traduise sur le plan capitalistique. Exemple : notre travail de longue date avec un partenaire breton dans les desserts laitiers.
 
L’internationalisation est-elle un passage obligé ?
Nous devons aller chercher la croissance là où elle se trouve et l’export est un vecteur important. C’est surtout au niveau de la Sill que cette stratégie est mise en œuvre, la part exportée de la laiterie Le Gall elle-même est faible. Seuls 4% de ce qui est fabriqué à Quimper par la laiterie est exporté ce qui est peu. Mais la Sill en revanche a une stratégie bien affirmée, avec par exemple un bureau à Singapour depuis douze ans. Dans notre métier, le « made in France » est un atout considérable et on le cultive, notamment via le partenariat avec un MOF, un meilleur ouvrier de France. A l’étranger, il ne faut pas se sentir en dessous des autres pays. D’autant qu’on nous impose des niveaux de sécurité alimentaire qui vont au-delà de ce qui est demandé dans la plupart des autres pays. D’ailleurs, notre spécialité, le beurre de baratte, est souvent mieux comprise par des pays étrangers que par les Français eux-mêmes !

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