Les États généraux de l’alimentation ont relancé sous un formalisme nouveau les éternels débats autour de la « répartition de la valeur dans les filières agroalimentaires ». Désormais, charge aux interprofessions – dont certaines semblent mal digérer l’exercice – d’animer des débats désormais articulés autour des « indicateurs de coût de production et de marché », dont la déclinaison judiciaire, le prix abusivement bas, est dans tous les esprits. Ces débats vont prendre la suite – ou s’ajouter – aux disputes annuelles autour de l'« euro alimentaire » publié par l’Observatoire des prix et des marges (OFPM) créé en 2010. Peu à peu, les débats s’affinent. En définitive, ces débats semblent chercher à répondre à la question suivante : les rémunérations de l’euro investi et de l’heure travaillée par les agriculteurs sont-elles à la hauteur de celles des autres maillons de la chaîne agroalimentaire ? Disposer de tels indicateurs – de rendement du capital et de rémunération du travail – tout au long de la filière est-il hors de portée ? Ces indicateurs ne permettraient-ils pas d’éclairer les débats ? Ils sont, en tous les cas, peu utilisés. La chose n’est probablement pas aisée, car les agriculteurs ont la particularité, surtout en élevage, de ne pas compter leurs heures et, comme les artisans, de ne pas distinguer clairement les revenus issus de leur capital et de leur travail. Mais ces deux particularités pourraient bien évoluer dans les années à venir.
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