Le français Eurofins, leader européen des analyses pour les industries alimentaires et pharmaceutiques, se flatte d’une rentabilité en croissance après plusieurs années d’acquisitions. Preuve que sa stratégie, originale pour le secteur, est payante.
Eurofins, le spécialiste français des services bioanalytiques, vient d’annoncer de bons résultats semestriels. Partie de l’analyse des vins en 1988, l’entreprise a attendu huit ans pour que sa technologie soit admise et neuf autres années pour entrer sur le Nouveau marché. Aujourd’hui, elle emploie 2 000 personnes et réalise 168,7 millions d’euros de chiffre d’affaires. A terme, elle se verrait bien « n°1 dans le monde de tout ce qui a une influence sur la santé (médicaments, aliments, pollutions de l’air ou de la terre) ».
Si les croissances externes ont pesé sur ses résultats ces dernières années, elle affiche au premier semestre une marge d’exploitation de 9,8 % (contre 6,3 % en 2003), à la faveur d’une restructuration rondement menée, avec 21 fermetures de laboratoires sur 60. D’ici quelques années, les dirigeants d’Eurofins voudraient voir leur rentabilité atteindre les 15 %.
Une acquisition en Chine en 2005 ?
L’internationalisation est entamée depuis longtemps – la France ne représente plus que 16 % du CA – et ne devrait pas s’arrêter là. L’entreprise ne veut pas couper court à ses croissances externes, car elles lui permettent d’acquérir de nouvelles technologies, mais elle souhaite s’offrir des entreprises de taille plus réduite. Eurofins vise principalement les pays limitrophes de la France et, plus loin, la Chine et le reste de l’Asie. « Dès que la vente de laboratoires sera autorisée en Chine, c’est-à-dire dès fin 2005, nous foncerons », s’enthousiasme Gilles Martin. Son groupe travaille déjà avec un laboratoire du pays.
Sa stratégie, « originale pour ce secteur », consiste à rassembler le plus grand nombre de brevets au travers d’acquisitions de laboratoires, puis à s’organiser autour de pôles de compétences. « Nous disposons de plus de 7 000 méthodes d’analyse, soit plus que certaines agences gouvernementales. D’ailleurs, le gouvernement danois nous a confié l’analyse nationale des eaux du pays », confie Gilles Martin.