En 2006, Eurofins a poursuivi sa stratégie de croissance atteignant un chiffre d’affaires supérieur à ses prévisions à 368 M EUR, en progression de 58 %. Son développement en croissance externe devrait pour l’instant se stabiliser à ce niveau en 2007 pour atteindre « une bonne année de rentabilité en 2008 » et revenir à une croissance de 20 % par an dont la moitié par croissance externe. Le groupe de laboratoires d’analyse revoit également à la hausse ses objectifs de chiffres d’affaires pour 2007 pour atteindre 450 M EUR contre 420 initialement prévus.
Il y a un an, nous avions l’objectif ambitieux d’atteindre un chiffre d’affaires de 600 millions d’euros en 2010. Il l’est beaucoup moins maintenant », affirme Gilles Martin, pdg d’Eurofins. La stratégie de développement par croissance externe du groupe de laboratoires d’analyse porte ses fruits. En deux ans, son chiffre d’affaires a quasiment doublé pour atteindre 368 M EUR en 2006, en croissance de 58 % par rapport à l’année précédente, pour un résultat net de 19,33 M EUR et un résultat d’exploitation de 37,3 M EUR . Ses ventes trimestrielles ont progressé de 50 % tout au long de l’année, mais le quatrième trimestre s’est révélé nettement supérieur aux attentes du groupe avec une croissance de 73 %. Ces résultats confortent le groupe dans la réalisation de son objectif de 600 M EUR, envisageant même de le dépasser. « Notre stratégie a été d’investir dans des structures peu lucratives au départ à hauteur d’environ 5 à 6 M EUR, nous espérons être rentables et connaître un retour sur investissement trois à cinq ans plus tard », précise Gilles Martin. Le groupe enregistre 50 % de son chiffre d’affaires dans l’analyse d’aliments, 30 % dans les médicaments et 20 % dans l’environnement. « 2006 a été de nouveau une année de fort développement notamment grâce à la progression de 10 % de la croissance organique », explique Gilles Martin.
Aucune croissance externe en 2007
Les multiples acquisitions au cours de l’année 2006 (151 M EUR de capitaux investis) ont permis au groupe à la fois d’élargir son portefeuille de technologies et d’accroître son expertise à travers le monde. Et à en croire le p.-d.g., « les perspectives de développement sont très bonnes à moyen terme ». Sans en exclure totalement l’idée, Eurofins ne prévoit aucun développement par croissance externe en 2007 mais vise plutôt « la mise aux normes du groupe » de ses nouveaux laboratoires afin qu’ils atteignent l’équilibre. « Nous avons acheté les meilleurs cibles l’année dernière. Nous ne nous interdisons pas de regarder certains dossiers même si nous en refusons beaucoup actuellement », indique Gilles Martin. Le groupe nantais envisage qu’un tiers de son chiffre d’affaires soit réalisé, en 2007, grâce à des laboratoires « mis au normes », la totalité d’ici à trois ans. « Notre périmètre arrivé à maturité atteint un chiffre d’affaires de 273 M EUR en 2006. Par contre, notre second périmètre en développement a dégagé une perte d’exploitation de 4,3 M EUR l’année dernière pour un chiffre d’affaires de 95 M EUR. Notre objectif 2007 reste de rapprocher au maximum ce périmètre de l’équilibre », souligne Gilles Martin. L’année à venir sera encore une année d’investissement mais cette fois-ci en interne. Eurofins prévoit d’engager environ 10 M EUR dans la mise en place d’une structure centrale et de renforcer ses équipes de direction au niveau mondial. « Nous voulons devenir l’étalon-or de l’analyse au plan mondial et le numéro un ou deux sur nos trois marchés », affirme Gilles Martin.
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Marché à fort potentiel
Sur le marché des analyses d’aliments d’1,5 Md EUR, Eurofins occupe 12% de part de marché et se place en leader en Europe, au Bénélux, en Scandinavie, en Allemagne, en France et au Royaume-Uni. « Si la majorité de notre réseau reste en Europe, nous gardons une vocation mondiale. C’est un marché encore jeune et fragmenté qui laisse encore de possibles développements pour Eurofins », analyse Gilles Martin. Selon lui, les différentes crises alimentaires qui ont eu lieu récemment ont concouru à la croissance de son chiffre d’affaires. « Le marché est bien orienté. La pression des consommateurs sur les groupes agroalimentaires les oblige à davantage de précaution, surtout en Europe», ajoute-t-il. En Asie, où le groupe vient d’installer une première filiale chinoise, le marché reste encore très jeune, mais les crises récentes vont obliger les acteurs agroalimentaires à la mise à niveau de leur réglementation, donnant de belles perspectives aux laboratoires d’analyse.