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Coopérative/Résultats Even poursuit sa politique d’hyper segmentation

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Le groupe coopératif laitier Even a dégagé en 2004 de bons résultats, qui lui permettront de maintenir son rythme d’investissements pour 2005. Il se dit ouvert à de nouveaux partenariats comme il en a déjà beaucoup noué jusqu’ici.

Lors de l’assemblée générale annuelle du groupe coopératif de Ploudaniel (Finistère), la semaine dernière, son président, Jean Le Vourc’h, s’est félicité de ses résultats « plus qu’honorables ». Son chiffre d’affaires consolidé a progressé de 5 %, à 887 millions d’euros, le résultat net a atteint 12 millions d’euros contre 11,3 l’année précédente et la capacité d’autofinancement 34 millions d’euros.

Le groupe de 3600 salariés qui fédère sur son territoire 2000 agriculteurs adhérents répartit ses activités entre le lait pour un peu plus d’un tiers des ventes, l’industrie du veau qui lui est liée pour 30 %, la nutrition animale (20 %) et la distribution 20 % également.

Pas de « flexibilité additionnelle »

Si la collecte a légèrement fléchi, en 2004, à 331,6 millions de litres de lait ramassé dans 1254 exploitations, sa transformation axée depuis plusieurs années sur des niches de marché, moins tributaires des aides à l’exportation dont ont besoin les spécialistes du beurre et de la poudre, lui a permis de ne pas adopter la flexibilité additionnelle.

Cette expression désigne la possibilité pour une laiterie de baisser le prix du lait en dessous du seuil négocié à l’intérieur de chaque grand bassin de production avec les producteurs, en fonction des marchés dont elle dispose. « Nous rémunérons le producteur environ 10 euros pour 1000 litres de plus que la concurrence », a expliqué le directeur général d’Even, Christian Couilleau.

Les bons résultats d’Even l’ont également convaincu de ne pas remettre en cause les avantages sociaux accordés aux salariés de l’entreprise (32,5 heures par semaine), alors que prend fin le dispositif d’exonération de charges sociales sur la réduction du temps de travail (loi de Robien).

Selon Jean le Vourc’h, c’est le choix d’Even, fait il y a plusieurs années de privilégier la valeur ajoutée aux volumes qui lui donne « confiance et sérénité» en l’avenir. Même si la réforme de la Politique agricole commune, qui entrera en application en 2006 en France, permettra à un laitier de percevoir une aide directe sans produire.

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18 M EUR investis en 2004, plus de 20 M prévus en 2005

En 2004, Even a donc poursuivi ses investissements (18 millions d’euros) pour mieux valoriser sa matière première. Dans l’emmental, elle a accru de 15 % les capacités de production de la Fromagerie de l’Iroise (Ploudaniel), portée à 20 000 tonnes par an. Le lait supplémentaire destiné à cette transformation a été sorti de l’atelier de poudres de lait destiné aux veaux, Even leur réservant désormais des protéines issues du lactosérum.

Even a aussi consacré partie de cet investissement au développement de ses ateliers en ultra frais : en effet les fabrications de yaourts à boire et de tubes de yaourts pour les enfants destinés aux marques de distributeurs et à l’exportation ne cessent de progresser.

La coopérative a poursuivi, enfin, sa politique de renouvellement de sa gamme de yaourts et desserts gourmands à marque Mamie Nova. Et ajouté des références plus « nomades » à sa gamme Régilait. Soucieuse de pérenniser ses positions sur les segments générateurs de valeur ajoutée, Even consacrera bonne partie de ses investissements 2005 « qui dépasseront les 20 millions d’euros », selon le directeur général, Christian Couilleau, à des produits en ultra frais à destination santé.

« L’investissement se fera, mais nous ne savons pas encore quand», a souligné M. Couilleau. Les autres travaux programmés en 2005 se porteront sur l’extension de l’atelier de production de crêpes (marque « Saveur Bretonne ») d’où sortiront de tout nouveaux produits et à la reconstruction de l’atelier produits élaborés de veaux de Lamballe (Côtes d’Armor) détruit dans un incendie en début d’année. Depuis ce sinistre, Even a réaffecté ses fabrications entre les deux autres sites de production de sa filiale dédiée aux veaux de boucherie, Kerguelen, à Montauban-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine) et Brest (Finistère), et dans une usine louée pour l’occasion à Guingamp (Côtes d’Armor). « Nous reconstruirons à Lamballe, mais pas à l’identique car le marché se réduit de 4 % par an, et la production laitière va encore baisser dans les prochaines années », a indiqué Christian Couilleau.

Si la coopération est très portée, actuellement, à chercher des alliances dans un contexte de perturbations sur les marchés, Even dit être ouverte à toutes discussions, mais rappelle aussi qu’elle travaille déjà en partenariat dans plusieurs secteurs. En beurre et en fromage avec Coopagri Bretagne et Terrena dans Laïta (marque Paysan Breton et Even) ; en nutrition santé avec Novartis ; en nutrition animale avec Coopagri Bretagne ; dans Régilait avec Coopagri Bretagne encore, et Sodiaal ; dans Mamie Nova avec Andros.