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Fermeture définitive de la Cité internationale de la gastronomie de Lyon

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Le projet inauguré en octobre 2019 n'a pas eu le temps d'atteindre sa vitesse de croisière. Plombé par des difficultés dès son lancement, la fermeture forcée par le confinement lui a été fatale.

Le projet inauguré en octobre 2019 n'a pas eu le temps d'atteindre sa vitesse de croisière. Plombé par des difficultés dès son lancement, la fermeture forcée par le confinement lui a été fatale.

La société d’exploitation de la Cité internationale de la gastronomie de Lyon l’a annoncé officiellement le 7 juillet : la Cité ferme définitivement ses portes au public, après quelques mois seulement de fonctionnement. Elle avait été inaugurée en octobre 2019 au sein du Grand Hôtel-Dieu. L’établissement avait été obligé de fermer à cause du confinement à partir de la mi-mars et n’avait pas rouvert depuis cette date.

Pour justifier cette fermeture, la société d’exploitation qui dépend de la société espagnole Magmacultura met en avant « les lourds impacts engendrés par la crise sanitaire du coronavirus que le pays traverse depuis mars 2020. »

Le projet était déjà fragilisé avant la crise, devant affronter les critiques en raison du prix d’entrée et de son manque de contenu. « Le démarrage ne s'est pas bien passé; la scénographie était loupée. Il y avait un manque de lisibilité; l'exposition n'allait pas dans le sens populaire et manquait de ligne directrice, même s'il y avait des choses réussies comme l'espace enfants », a déclaré à l'AFP le chef étoilé Régis Marcon, qui a présidé le Comité d'orientation stratégique de l'établissement avant de devenir parrain de la Cité l'an dernier.

10,4 M€ apportés par des mécènes privés

Portée par la Ville et la Métropole de Lyon, avec 2 millions d'euros chacune, et par le mécénat à hauteur de 10,4 millions d’euros (Groupe Seb, Apicil, Crédit Agricole Centre-est, Dentressangle, Eiffage Construction, Elior, Institut Paul Bocuse, Mérieux Nutrisciences, BioMérieux, Metro France, Plastic Omnium et Valrhona), la Cité de la gastronomie adossée aux nouvelles Halles de Lyon espérait recevoir 300 000 visiteurs par an. « On n'a fait que 150 000 entrées depuis l'ouverture, dont de nombreuses non payantes d'écoliers et étudiants. On ne peut pas survivre comme ça », a commenté le chef Marcon.

Toutefois, le projet pourrait trouver un second souffle. « On peut relancer la Cité (...). Il y a vraiment quelque chose à faire sur le thème de l'alimentation et la santé » pour le chef, qui compte sur la nouvelle équipe municipale pilotée par les Verts. « L'avenir du lieu sera étudié en lien étroit avec les parties prenantes du projet, dont les mécènes », a déclaré le président de la Métropole de Lyon, Bruno Bernard, qui voit là « une opportunité » pour les habitants « de se réapproprier ce lieu emblématique » qui a vu naître un Lyonnais sur trois.