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Charcuterie/Traiteur/Résultats Fleury Michon en perte de rentabilité

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Pour son exercice 2005, Fleury Michon enregistre un chiffre d’affaires en progression de 6%, qui atteint 424 millions d’euros, mais un bénéfice net en recul de 5,3%, à 14,2 millions. Une tendance qui devrait s’accentuer, en 2006, puisque le groupe de Pouzauges table sur une chute de 19,8% de sa rentabilité. La direction de la société inscrit cette mauvaise passe dans « une stratégie à moyen terme », qui permettrait à Fleury Michon de s’imposer comme « un acteur incontournable » dans un « paysage en recomposition ».

Il s’agit de reculer pour mieux sauter. Fleury Michon sacrifie sa rentabilité pour pouvoir s’imposer à terme « comme une marque leader incontournable », selon Yves Gonnord, président de son conseil de surveillance. Déflation du marché alimentaire (de -2,3%), bataille des prix entre GMS et hard-discount, mise en place de la loi Dutreil… Face aux difficultés conjoncturelles qui se multiplient dans l’agroalimentaire, l’industriel a choisi de privilégier une stratégie de moyen terme. Mais pour l’heure son bénéfice net 2005 recule de 5,3 % à 14,2 millions d’euros et son résultat opérationnel courant de 8,5 % à 22,3 millions d’euros. Son chiffre d’affaires progresse quant à lui de 6 %, atteignant 424 millions d’euros.

Un bénéfice net prévu en recul de 19,8 % pour 2006

Une tendance qui s’accentuera en 2006, puisque le groupe de Pouzauges table pour son prochain exercice sur une régression de 19,8 % de son bénéfice net à 11,4 millions d’euros, et une baisse de 11,2 % de son résultat opérationnel courant à 19,8 millions d’euros… pour un chiffre d’affaires en croissance de 4,6 % à 443,7 millions d’euros. « Dans un secteur en pleine recomposition, c’est l’effort que doit supporter la société », juge Maurice Dupret, directeur administratif et financier. Fleury Michon veut se positionner comme « un pôle fédérateur » de son secteur. Mais d’abord doit encaisser les coups. En GMS, il s’agit de « participer à l’effort de prix (des GMS) pour renforcer ses marchés piliers » – malgré la hausse du coût des matières premières – et surtout de placer sa marque propre « au cœur de la politique des distributeurs ». Les activités non-stratégiques seront donc mises de côté. Le groupe mise également sur ses relais de croissance. A l’international, d’une part avec la réussite de sa joint-venture en Italie avec Beretta (chiffre d’affaires en hausse de 35 % pour 2005), dont le schéma devrait être reproduit en Espagne avec Martinez Loriente, et aux Etats-Unis, avec une cession de technologie. En catering d’autre part, avec la création de son nouveau site de Cambrai qui devrait lui permettre de développer son activité de plateaux repas.

Croissance externe en vue

Surtout, Fleury Michon entend être capable à terme « de jouer un grand rôle dans la consolidation du secteur», indique Regis Lebrun, le nouveau président du directoire. « Nous seront à l’affût dès qu’il y aura un mouvement de regroupement dans le paysage », précise Yves Gonnord. Une croissance externe est donc clairement envisagée. Avec un gearing de 7,1% et une capacité d’autofinancement en progression de 15% par rapport à 2004 qui atteint 41 millions d’euros, le groupe en a les moyens. Mais le vendéen n’ira pas fondre sur n’importe qui. « La première motivation sera de renforcer nos piliers stratégiques, indique le dirigeant. Des synergies devront être possibles, et ce genre d’opération – qui ne se fera pas à n’importe quel prix – portera sur un acteur producteur de valeur ajoutée». Quoi qu’il en soit, Fleury Michon entend bien démontrer la pertinence de son modèle en sortant renforcé de cette mauvaise passe.

Des produits en progression

La société dispose d’une marque forte – un taux de notoriété de 98 % – et son coeur de métier –les solutions repas – lui permet d’opérer sur des segments qui ont un taux de pénétration encore faible. « Notre cash-flow a battu un record historique, ce qui démontre une bonne santé financière, et dans un marché qui baisse de 2 %, nos produits phares grimpent de 6 %», se félicite Frédérick Bouisset, ancien président du directoire, en passe de prendre les rênes de Lactalis American Group. Fleury Michon reste en effet la marque leader sur le marché des plats cuisinés individuels, le jambon cuit et la charcuterie cuisinée avec respectivement 35 %, 21 % et 47 % de parts de marché.